La presse locale a demandé aux maires de dresser le bilan de leur première année de mandat. A cette occasion, Norbert BOURGEOIS, maire-délégué apparenté UMP de Kernével, s'est exprimé en termes peu amènes à l'égard de ses collègues rospordinois.
Est-il utile de dire que je ne partage pas son point de vue ? sans doute pas. Mais s'il y a un point d'accord avec lui, c'est que je suis favorable à ce que l'épineuse question du statut dit des "communes associées" soit réglée avant la fin du mandat. Mais avant toute chose, je crois nécessaire de rappeler quelques éléments contextuels.
Ce statut bâtard créé par la loi Marcellin de 1971 a trouvé un terrain d'application à Rosporden en raison d'une géographie complexe. En effet, historiquement la ville de Rosporden existait sur une superficie réduite. La partie haute de la ville actuelle, à partir de la place du Boulouard, était un quartier de la commune de Melgven dont le bourg était situé à... 6 km alors que la mairie de Rosporden était proche d'à peine 100 mètres ! De l'autre côté, la commune de Kernével venait également expirer au pied du centre ville de Rosporden, aux abords de l'actuel Centre Culturel tandis le bourg de Kernével était situé à 4 km ! De fait, de nombreux habitants administrativement kernévelois et melgvinois effectuaient les actes de la vie quotidienne à Rosporden (école, achats...), ils se sentaient rospordinois. C'est ainsi que les habitants du quartier de la Butte ont créé un comité de riverains pour demander au début des années 1970 leur rattachement à la commune de Rosporden. Des revendications dans le même sens virent aussi le jour du côté kernévelois, à la périphérie immédiate de Rosporden.
Le préfet saisit l'opportunité de l'adoption de la loi Marcellin pour essayer de contenter ces populations. Sauf qu'il ne s'agissait pas de rattacher des quartiers mais de fusionner 3 communes appelées à n'en faire qu'une ! En 1973, fut donc organisé le référendum de fusion. Melgven, dont le centre ville était bien trop éloigné de Rosporden, vota logiquement contre. Ce ne fut pas le cas à Rosporden et à Kernével où les habitants décidèrent d'unir leurs destins. En 1974, les municipalités respectives choisirent d'adopter le système de "fusion-association" qui tout en supprimant juridiquement la commune de Kernével lui conserve une autonomie administrative. Il faut bien le dire, ce statut est schizophrène : deux élections pour un seul conseil municipal avec un seul budget, un seul POS, et un maire-délégué auquel la loi ne confère aucun pouvoir...
En 1976, après un lobbying effréné, le comité de la Butte qui disposait de quelques élus au conseil municipal de Melgven obtint enfin du préfet le rattachement du quartier à Rosporden. Le "Grand Rosporden" était né.
En 1977, la gauche unie présenta deux listes de chaque côté des étangs. Gilbert Monfort succèda à René Gall, maire radical-socialiste, qui ne s'était pas représenté. Naturellement, le nouveau maire accorda des délégations de pouvoir au maire-délégué issue de son équipe. Juridiquement rien ne l'y obligeait, si ce n'est un accord politique entre les élus des deux secteurs. Ce système a fonctionné jusqu'en 2008. Il a rendu service aux deux communes, mais désormais le temps est venu de choisir. Quand les fiançailles ont duré plus de 30 ans, il faut se passer la bague au doigt ou se séparer...




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