16 décembre 2008

Télé SarkORTF : "nous prenons le contrôle de votre écran"

L'opposition parlementaire se battant pied à pied contre la réforme de l'audiovisuel public, Mme Albanel a intimé l'ordre au président de France Télévision et à son Conseil d'administration d'anticiper le projet de loi en adoptant une délibération qui supprimera la publicité dès le 5 janvier 2009.

La droite procède avec M. de Carolis, comme jadis, les empereurs avec leurs généraux vaincus. On appelle ça "en finir à la romaine".                     

La droitisation de la télévision publique va pouvoir vraiment commencer...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

bonjour
même s'il est vrai que la suppression de la publicité des chaînes du service public est regrettable, le fait de parler de "droitisation de la télévision publique" est exagéré car même si l'opposition parlementaire,comme vous le faites si bien remarquer, s'y est farouchement opposée on peut y voir une attitude davantage pavlovienne qu'objective. C'est ce qui rend pitoyable l'attitude de toute opposition parlementaire qui va systématiquement décrier tout projet d'évolution plutôt que de le considérer comme pouvant être le fruit de sa propre réflexion et ainsi d'y prêter main forte afin de le rendre meilleur (en y exposant son point de vue de façon posée et non de manière belligérante).Cela est valable pour la droite comme pour la gauche, car aucun parti ne peut se targuer d'avoir entièrement raison (ou entièrement tort); tout est question de point de vue et d'opportunité.
Par ailleurs les émissions du service public étant pour certaines clairement anti-sarkozistes, on peut y déceler une altération du devoir d'objectivité des journalistes. Ces journalistes, à mes yeux, devraient en premier lieu avoir un regard critique sur les évènements plutôt que de se servir de leur poste comme d'une chaire, du haut de laquelle ils peuvent prêcher contre le gouvernement sans risque. Ces journalistes font figures de privilégiés comparés à ceux qui exercent dans le privé pour le compte de différents médias et qui sont obligés de suivre une ligne éditoriale fixée par leur direction. S'ils s'en écartent ils prennent le risque de perdre leur emploi. Cette observation personnelle va tant au journalistes attachés à des journaux de gauche que de droite. Par conséquent si un journaliste du service public s'oppose au gouvernement ou s'y allie il devrait, à mon avis, quitter son emploi pour rejoindre un média privé en accord avec ses convictions. Le 4e pouvoir, incarné par le service public, a un devoir d'objectivité, il se doit d'être un garde-fou dans un système bipartisan et en aucun cas pencher à droite ou à gauche; il devrait plutôt relever les incohérences de chacun afin d'éclairer le public par sa critique objective. La crédibilité d'un tel service public n'en serait que renforcée. Le service public a un rôle de franc-tireur dans une société qui se veut démocratique, et s'il se laisse prendre dans le piège des partis il court à sa perte; le public se lassant vite des démêlés des politiques et de leur prolongation médiatique.
Le fait de parler de "droitisation de la télévision publique" pourrait à la rigueur être valable dans un contexte de volonté d'une main mise de la part de l'Élysée sur le service public; et encore, à mes yeux, le terme "d'asservissement à l'exécutif" serait davantage à propos. Une vive et légitime réserve se doit en effet d'être formulée à cet égard, cependant je doute que la gauche puisse reprocher en toute bonne fois de tels agissements à Nicolas Sarkozy si l'on se remémore l'attitude de François Mitterrand quant à la Ve République dont il fut un farouche opposant jusqu'à ce que son élection à la présidence lui fasse oublier ses allégations développées dans "Le coup d'Etat permanent". M. Mitterrand fit même preuve d'un attachement tel à sa fonction qu'il inaugura ce qui deviendra une coutume, à savoir la cohabitation.
On peut dès lors tirer comme conclusion de ses manœuvres politiques qu'un parti reprochera toujours à l'autre ce qui un temps lui nui avant de s'en servir allègrement lorsque la tendance politique s'inverse. Dans un tel contexte comment l'opposition parlementaire, quelle qu'elle soit, espère-t-elle être crédible?

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