14 décembre 2008

Comment juger des finances communales ?

Depuis les élections de mars, les finances de certaines communes voisines ne cessent d'alimenter la polémique. Si je n'ai pas l'intention de me mêler de ces débats, ils m'inspirent toutefois quelques réflexions.

Les nouvelles majorités des villes en question ont fait procéder (comme c'est leur droit le plus absolu) à des "audits financiers" par un cabinet privé. Une question mérite cependant d'être posée au regard de la différence de nature entre les deux méthodes : s'agissait-il d'une simple analyse financière ou bien d'un contrôle de gestion ? 

L'analyse financière se contente de dresser un tableau rétrospectif et prospectif de la santé budgétaire de la collectivité. C'est un outil d'aide à la décision mais ses indicateurs ont toujours une portée relative qu'il convient d'apprécier. En effet, les ratios et les comparaisons n'ont de sens que rapportés à un standard moyen. Ainsi, on aime comparer les communes les unes aux autres "pour une même strate de population". Cette méthode peut parfois s'avérer incertaine. Est-il en effet pertinent de comparer la dette de deux communes de 5000 habitants dont l'une, proche d'une centre urbain, connaîtrait une forte expansion démographique avec une autre située en zone rurale, subissant un exode de population ? Par ailleurs, comme son nom l'indique, l'analyse financière ne concerne que ... les données financières.

Tel n'est pas le cas du contrôle de gestion, outil global qui met en relation les données financières avec les réalisations concrètes. Fondé sur la règle des "3 E" (économie, efficacité, efficience), ce contrôle est beaucoup plus poussé et permet de passer au crible un ou plusieurs aspects des politiques publiques. L'aspect financier a son importance mais il n'est pas découplé de l'analyse de la satisfaction des besoins des populations. Il permet de faire un état des lieux général de la gestion communale. 

Enfin il faut noter que l'analyse financière est une mission effectuée gratuitement par les services du Trésor Public, tout comme le contrôle de gestion qui est confié aux Chambres Régionales des Comptes (CRC). Et contrairement à ce que les médias et les profanes croient, cette mission des CRC ne donne pas lieu à un jugement destiné à mettre à l'index tel ou tel élu, il s'agit d'un simple contrôle administratif à partir duquel les collectivités peuvent réfléchir aux moyens d'améliorer leurs gestions.

C'est pourquoi la Commune de Rosporden n'a jamais eu recours à des cabinets privés. Elle a déjà connu par le passé des contrôles de la CRC sans que nous n'ayons rencontré aucun problème et nous avons bénéficié la semaine dernière de la restitution par le receveur municipal de l'analyse financière prospective jusqu'en 2013. Cela ne nous a pas coûté un centime...

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Pour les deux communes que sont Concarneau et Quimperlé, je crois que la vérité n'est ni dans les chiffres, ni dans la méthode de jugement, ni dans la polémique.

C'est simple : de quels investissements veulent se départir les nouvelles majorités ? Monsieur Fidelin trouve-t-il que l'aménagement du front de mer est inutile ? Souhaite-t-il se priver des nouveaux quartiers ? Remet-il en cause les investissements sportifs ? Le débat sur les chiffres est pratique en ce qu'il éloigne le citoyen de ces choses simples, non polémique, sans avoir à dire ce que l'on aurait fait.

Il en est de même à Quimperlé. Halles reconstruites, travaux contre les inondations, pavage de la rue Brémond d'Ars, médiathèque, espace Kerjégu, caserne des pompiers, la liste est longue des réalisations de l'équipe Le Bras. Ces réalisations ont bénéficié de bonnes subventions européennes, nationales, régionales et départementales. Quelles sont les réalisations qu'il eut fallu ne pas faire ou décaler, au risque de perdre ces subventions ?

Je préfère d'ailleurs ces questions simples aux cris et faux débats auxquels nous assistons...

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