Il y a quarante ans, très exactement le 16 mars, Robert F. Kennedy, annonçait sa candidature à la présidence des Etats-Unis d’Amérique. Cinq années après la mort de JKF, un Kennedy ramassait l’étendard ensanglanté par l’attentat de Dallas et l’Amérique pouvait rêver à haute voix « d’un monde nouveau ». Diplômé d’Harvard, Bobby devient avocat à 25 ans au sein du département de la Justice. Il se spécialise dans la lutte contre la corruption. En 1952, sur ordre de son père, il quitte ses fonctions et prend la direction de la campagne sénatoriale de son frère John. A cette tâche, il se révèle un dur prêt à tous les coups pour gagner, un ambitieux sans peur qui n’hésite pas à user de menaces. Un vrai Kennedy.
En 1953, après la victoire de son frère, il est avocat au Sénat. A ce titre, il est le conseiller de Mac Carthy. Choqué par la « chasse aux sorcières », il démissionne après la condamnation des époux Rosenberg. Il intègre ensuite la commission Mac Clellan chargée de lutter contre la Maffia. C’est à cette époque qu’il se fait connaître du grand public. Il brise le patron du syndicat des camionneurs, Dave Beck, puis, s’attaque à son successeur Jimmy Hoffa. Bobby est un loup qui ne lâche sa proie que lorsqu’elle ne bouge plus. Les menaces de mort contre sa famille redoublent sa colère : il met sous les verrous 40 responsables du syndicat.
En 1960, il est l’artisan de la victoire de John à la présidentielle. Sur les ordres de leur père, il accepte de devenir Ministre de la Justice. Il poursuit sa lutte féroce contre le crime organisé sans se soucier des conséquences de ses méthodes musclées. Conseiller privilégié du président, il a joué un rôle crucial dans la sortie de crise lors de l’épisode des missiles cubains. Dévoué corps et âme au clan, il attaque tous ceux qui nuisent aux intérêts des Kennedy, en particulier le chef du FBI, Hoover. Il est aussi celui qui sensibilise le président au combat pour les droits civiques. A la mort de ce dernier, il reste à son poste, mais son mépris pour Johnson redouble quand ce dernier s’approprie la paternité de « sa » loi sur les droits civiques.
Elu sénateur de New York en 1964, il se libère petit à petit du fantôme de son frère. Beaucoup moins centriste que John, Bobby apparaît enfin tel que lui-même : idéaliste et passionné. Il voyage et défend partout les causes qu’il croit justes : lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, la paix au Viet-Nâm, pour la fin de la ségrégation aux Etats-Unis, pour la justice sociale… Il soutient le syndicaliste Chavez et se rapproche de Martin Luther King, il dénonce avec virulence la guerre du Viet-Nâm s’attirant la vindicte de Lyndon Johnson.
Puis le 16 mars 1968, certain que Johnson dont l’image est définitivement ternie ne peut pas se représenter, il annonce qu’il brigue la présidence. Très bas dans les sondages, son charisme et sa fougue lui permettent de rattraper et de dépasser le favori, le pacifiste Eugene Mac Carthy. Il suscite alors une vague d’adhésion à nulle autre pareille : la jeunesse, les minorités, les mouvements contestataires, la nouvelle gauche américaine… Tous se rallient à sa candidature. Ses discours messianniques enflamment les foules, il incarne l’espoir de toute une nation, et bien plus encore. Il expose ses idées dans un livre-programme, « Vers un Nouveau Monde », dans lequel il trace les lignes d’un projet dépassant largement le cadre des Etats-Unis. Sa vision est ouverte sur le monde, sans nombrilisme, empreinte d’humanisme. L’avocat arrogant et brutal a laissé la place à un homme d’Etat.
Pourtant, l’histoire n’eut pas de fin heureuse, le destin est parfois tragique. Et les Kennedy semblaient atteints de ce que le journaliste Philippe Labro appelait « l’irlandisme », un mal étrange qui prend ses racines dans le caractère celte et qui consiste à prendre tous les risques, à avancer droit devant en ignorant les obstacles. Quitte à en payer le prix fort.
En 1953, après la victoire de son frère, il est avocat au Sénat. A ce titre, il est le conseiller de Mac Carthy. Choqué par la « chasse aux sorcières », il démissionne après la condamnation des époux Rosenberg. Il intègre ensuite la commission Mac Clellan chargée de lutter contre la Maffia. C’est à cette époque qu’il se fait connaître du grand public. Il brise le patron du syndicat des camionneurs, Dave Beck, puis, s’attaque à son successeur Jimmy Hoffa. Bobby est un loup qui ne lâche sa proie que lorsqu’elle ne bouge plus. Les menaces de mort contre sa famille redoublent sa colère : il met sous les verrous 40 responsables du syndicat.
En 1960, il est l’artisan de la victoire de John à la présidentielle. Sur les ordres de leur père, il accepte de devenir Ministre de la Justice. Il poursuit sa lutte féroce contre le crime organisé sans se soucier des conséquences de ses méthodes musclées. Conseiller privilégié du président, il a joué un rôle crucial dans la sortie de crise lors de l’épisode des missiles cubains. Dévoué corps et âme au clan, il attaque tous ceux qui nuisent aux intérêts des Kennedy, en particulier le chef du FBI, Hoover. Il est aussi celui qui sensibilise le président au combat pour les droits civiques. A la mort de ce dernier, il reste à son poste, mais son mépris pour Johnson redouble quand ce dernier s’approprie la paternité de « sa » loi sur les droits civiques.
Elu sénateur de New York en 1964, il se libère petit à petit du fantôme de son frère. Beaucoup moins centriste que John, Bobby apparaît enfin tel que lui-même : idéaliste et passionné. Il voyage et défend partout les causes qu’il croit justes : lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, la paix au Viet-Nâm, pour la fin de la ségrégation aux Etats-Unis, pour la justice sociale… Il soutient le syndicaliste Chavez et se rapproche de Martin Luther King, il dénonce avec virulence la guerre du Viet-Nâm s’attirant la vindicte de Lyndon Johnson.
Puis le 16 mars 1968, certain que Johnson dont l’image est définitivement ternie ne peut pas se représenter, il annonce qu’il brigue la présidence. Très bas dans les sondages, son charisme et sa fougue lui permettent de rattraper et de dépasser le favori, le pacifiste Eugene Mac Carthy. Il suscite alors une vague d’adhésion à nulle autre pareille : la jeunesse, les minorités, les mouvements contestataires, la nouvelle gauche américaine… Tous se rallient à sa candidature. Ses discours messianniques enflamment les foules, il incarne l’espoir de toute une nation, et bien plus encore. Il expose ses idées dans un livre-programme, « Vers un Nouveau Monde », dans lequel il trace les lignes d’un projet dépassant largement le cadre des Etats-Unis. Sa vision est ouverte sur le monde, sans nombrilisme, empreinte d’humanisme. L’avocat arrogant et brutal a laissé la place à un homme d’Etat.
Pourtant, l’histoire n’eut pas de fin heureuse, le destin est parfois tragique. Et les Kennedy semblaient atteints de ce que le journaliste Philippe Labro appelait « l’irlandisme », un mal étrange qui prend ses racines dans le caractère celte et qui consiste à prendre tous les risques, à avancer droit devant en ignorant les obstacles. Quitte à en payer le prix fort.
La candidature de Bobby Kennedy sur le site de l'INA.




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