"Ce n'est plus à M. Trichet de décider de l'avenir de nos économies, c'est aux dirigeants démocratiquement élus" a déclaré notre candidate, reprenant à son compte les critiques couramment émises à l’encontre de la Banque Centrale Européennne. « L’indépendance » de la BCE est en effet un héritage germanique mal adapté à l’économie moderne.Il faut rappeller que les statuts de la Bundesbank datant de 1945 lui conféraient une indépendance totale car Hitler s’était servi de la planche à billet pour financer ses politiques, notons également que la lutte contre l’inflation est un objectif constitutionnel outre-Rhin où le souvenir cuisant de l’hyper-inflation des années 20 avait accéléré la crise et par ricochet la montée du nazisme. La BCE est calquée sur le modèle de la Bundesbank.
De plus le mode de fonctionnement de la BCE souffre d’une absence de contrôle démocratique, le Conseil de la politique monétaire est composé de 18 membres dont 12 gouverneurs des Banques Centrales nationales. Ce sont donc les banquiers centraux qui tiennent les commandes. Au sein de la réserve Fédérale américaine, le pouvoir politique est en mesure d’exercer son contrôle, et les décisions de la Fed sont publiées au bout de 15 jours. Au sein de la BCE, cela est impensable. A tel point que lorsqu’il arrive à certains eurodéputés français d’interpeller M. Trichet en commission des affaires économiques et monétaires, celui-ci leur répond en anglais pour marquer son indifférence à leurs critiques …
Réformer le fonctionnement de la BCE reviendrait à deux choses. La première permettre enfin un contrôle de ses actions par une instance politique (qui associerait par exemple des membres du parlement européen et les ministres de l’Eurogroupe). La seconde serait de rééquilibrer ses missions. En effet, les politiques monétaires, outre le taux de change, ont pour objectifs le traitement de l’inflation et/ou le soutien de la croissance économique. Ainsi la Réserve Fédérale américaine a pour mission privilégiée la croissance, la jugulation de l’inflation venant en second. La lutte contre l’inflation est la raison d’être de la BCE, objectif certes louable mais insuffisant. Il faudrait donc inscrire dans les Traités européens l’obligation pour la BCE de favoriser également le soutien de la croissance et la recherche du plein emploi.




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