07 octobre 2014

Produire et consommer local : l'exemple de La Lédanaise

La famille Lédan exploite depuis 29 ans un élevage laitier à Saint-Yvi. En 2012, le GAEC s'est doté d'un laboratoire destiné à transformer une partie de la production laitière. Les yaourts et autres riz au lait sont commercialisés en circuit court, à la ferme, auprès de collectivités ainsi que dans les commerces des environs. A l'invitation des associés, j'ai pu découvrir et apprécier leur installation.

Propriétaire de 90 vaches laitières et disposant de près de 70 hectares, le GAEC fonctionne sur le modèle de l'agriculture raisonnée avec comme objectif principal l'autonomie économique de l'exploitation. Les deux frères, Jean-Yves et Philippe, privilégient pour l'alimentation du cheptel un système herbager sans apport azoté limitant ainsi les coûts, avec un complément hivernal de betterave, de maïs et de foin enrubanné. En 2012, les deux filles de Jean-Yves ont rejoint le GAEC avec la volonté de produire des produits laitiers à la ferme, de telle sorte qu'une part de la valeur ajoutée demeure intégralement dans l'exploitation.

62 000 tonnes de lait sont transformés annuellement en yaourts, riz au lait,  faisselles et fromages blancs, tandis que 700 000 tonnes continuent d'approvisionner la coopérative laitière. L'investissement a bénéficié du soutien du Conseil général du Finistère, de la Région Bretagne et du fonds européen pour le développement rural (FEADER).

La famille Lédan est satisfaite des résultats après deux années et inscrit sa démarche dans des réseaux de producteurs locaux qui encouragent les circuits courts (Les Fermiers du Net et La Ruche). Elle souhaite dorénavant toucher davantage les collectivités locales en promouvant dans notre département une initiative de type RésALIS (réseau pour une alimentation locale innovante et solidaire). Il s'agit d'une plateforme coopérative qui met en relation les acheteurs publics et les producteurs locaux pour favoriser l'achat de proximité et faciliter la structuration des circuits courts. 

Attentif à cette initiative, j'ai rappelé la volonté du Conseil général du Finistère de promouvoir les productions finistériennes auprès de la restauration collective par le développement d'un dispositif Agrilocal. Il s'agit d'un portail qui référencera les agriculteurs locaux et facilitera une mise en relation directe avec les acheteurs publics. J'ai rappelé également l'intérêt de la marque de territoire "Tout commence en Finistère" qui permet l'identification, par les consommateurs, dans les linéaires des produits fabriqués dans notre département.

Les échanges de qualité avec la famille Lédan m'ont également permis de comprendre la perfectibilité de certains dispositifs :

- difficulté d'obtention du label "Produit fermier" trop rigide dans certaines productions comme les produits laitiers (l'usage de fruits ou de sucre de canne ne pouvant être cultivés en Bretagne nécessite des achats extérieurs à l'exploitation qui interdisent ce label);

- nécessité au plan européen d'assouplir les règles de la commande publique par exemple en réservant un pourcentage de produits régionaux dans les marchés ;

- l'intérêt à réfléchir à l'échelle finistérienne à un schéma départemental de l'alimentation (inspiré de la démarche RésALIS) pour promouvoir une agriculture locale durable et une alimentation de qualité dans la restauration collective.

Des échanges à poursuivre, des expérimentations à conduire, car acheter local c'est favoriser l'emploi finistérien !

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