La réforme des collectivités territoriales annoncée par le Chef de l'Etat provoque le mécontentement partout dans le pays. En contradiction avec les engagements antérieurs pris devant les Français, la copie présidentielle doit être corrigée à l'aune des principes fondateurs de la décentralisation qui ne se résume pas à la question des économies - d'ailleurs très incertaines - ni à ravaler celle de la continuité du service public au rang de simple modalité technique. S'il s'agissait uniquement de faire des économies, le meilleur système serait le retour au centralisme de l'Ancien régime et aux Provinces comme espaces de contrôle du peuple.
Ni débat technocratique, ni prurit identitaire, la décentralisation est d'abord un enjeu démocratique fort : permettre aux citoyens d'un territoire vécu de définir librement les politiques publiques qui les concernent dans le respect de l'égalité républicaine.
Au XXIème siècle, décentraliser c'est aussi admettre que la diversité des territoires oblige à créer des cadres institutionnels différenciés. Le fait démographique urbain, la métropolisation, l'existence de territoires ruraux ou périphériques, la perte de repères des Français exprimée récemment dans les urnes rendent impossible un projet qui prétend uniformiser la France au travers du cadre simpliste « Europe-Régions-Intercommunalités ».
Le maintien du Conseil général est donc nécessaire dans un département ultrapériphérique et rural comme le Finistère qui appelle des réponses locales pour soutenir des communes aux moyens inégaux et pour prévenir le creusement de la fracture avec l'Est breton. De Quimper et de Brest jusqu'à Rennes, il y aura toujours une demi-journée de trajet et le Penn Ar Bed demeurera éloigné des grandes centres européens. Rien n'empêche de conforter la région sur ses missions stratégiques, mais une collectivité régionale qui voudrait s'occuper de tout risquerait, selon la formule de Lamennais, « l'apoplexie au centre et la paralysie aux extrémités ».
Enfin, s'agissant du devenir de la Loire-Atlantique, il n'existe qu'une voie démocratique : une consultation de la population concernée afin qu'elle exprime une fois pour toute le choix de l'ensemble régional qu'elle désire intégrer.





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