28 juin 2014

Des activités périscolaires de qualité, c'est d'abord un choix politique !

Après la révélation par notre groupe d'élus d'opposition d'une note interne qui envisageait la remise en cause de la gratuité des temps d'activités périscolaires, la municipalité a été contrainte de s'expliquer devant des parents d'élèves inquiets.

Si Mme Le Tennier s'était intéressée davantage à la vie de la commune, elle aurait su que la municipalité de Gilbert Monfort avait ouvert le chantier des "temps d'activités périscolaires" (TAP) pour une entrée en application dès 2013. A l'époque, ses amis de droite ont bien entendu pris position contre ce projet (cf. compte-rendu du conseil municipal du 9 juillet 2013), il n'est donc pas surprenant que désormais au pouvoir, ils s'efforcent de remettre en cause le travail effectué. Le dispositif élaboré par l'ensemble de la communauté éducative - qui a fait l'objet d'une communication grand public dans le bulletin municipal de juillet 2013 - avait reçu une très large approbation (voir le Ouest-France du 27 janvier 2014). Pour autant, chacun savait qu'il était perfectible. C'était le sens de la mise en place d'un comité de suivi qui devait évaluer ces TAP et travailler à proposer des améliorations.

Une fois élues, le maire et son adjointe ont décidé unilatéralement de modifier les activités périscolaires. Jamais la commission municipale compétente n'a été saisie du dossier, et à aucun moment le comité de suivi n'a été réuni pour faire le point. Sans notre intervention dans la presse, les parents d'élèves auraient découvert à la rentrée prochaine les changements opérés par la majorité. Ces modifications traduisent une dégradation de la qualité des TAP et aucunement une amélioration :

- Dans les écoles maternelles, les activités périscolaires pour les plus jeunes seront remplacées par une garderie dite "améliorée". Si on peut légitimement débattre des activités pour les écoliers des petites sections, nous sommes bien en peine de comprendre ce qui différencie une "garderie améliorée" d'une simple garderie, d'autant plus que les ATSEM des écoles maternelles ont été informées que l'ensemble du matériel dédié au TAP sera affecté aux écoles élémentaires à la rentrée prochaine... 

- Dans les écoles élémentaires, la droite a décidé de cesser les collaborations avec des associations en invoquant le fait que - notamment dans le domaine culturel - les animateurs éprouvaient des difficultés à entreprendre des activités sur ce format. Si ces difficultés constituaient un frein, il aurait d'abord été sage de réfléchir aux moyens de les surmonter, de retravailler le format des interventions, d'en revoir les attentes, quitte à solliciter d'autres animateurs le cas échéant (4 associations participaient aux TAP : l'Etincelle qui proposait des activités de danse, de percussions, de théâtre et de zumba ; des arts martiaux avec le Dojo des Etangs et Rio de l'Arrée, une activité multimédia avec Tremplin). L'objectif n'était-il pas d'offrir des activités diversifiées aux enfants sous la conduite d'animateurs plus spécialisés que le personnel municipal ?

- Nous avions également affecté le Centre culturel aux TAP. La droite met fin à cette mise à disposition. C'est regrettable car l'équipement du Centre culturel devait permettre de développer de nouvelles activités, comme par exemple la diffusion d'oeuvres cinématographiques en partenariat avec l'Etincelle ou l'association quimpéroise Gros Plan, avec laquelle des contacts avaient été pris.

Pour nous, ces interventions extérieures avaient deux finalités : permettre à des enfants de familles modestes d'accéder à une offre culturelle, sportive et de loisir gratuite ; faire découvrir un panel d'activités aux enfants afin de créer des passerelles avec des associations auxquelles ils auraient pu adhérer par la suite.

Ce n'est pas la solution retenue par la droite qui ne voit dans ces activités qu'un "surcoût" (c'est ainsi qu'elles sont présentées dans le communiqué officiel de la ville). L'objectif de la municipalité est bien de préparer les esprits à une remise en cause de la gratuité... ou bien de réduire les TAP à leur plus simple expression (cf. les propos de M. Bourgeois rapportés par Le Télégramme).

Pourtant, les TAP bénéficient d'un fond d'amorçage du ministère de l'éducation nationale ainsi qu'une aide de la CAF, respectivement de 50€ et de 53€ par enfant. S'il est porté atteinte aux contenu et à la qualité des TAP au prétexte de réaliser des économies, nous sommes en droit de nous interroger sur l'usage de ces subventions par la municipalité ? Lors d'un récent conseil d'école à Kernével, Mme le maire-délégué a ainsi déclaré : "il n'y a plus de sous pour les TAP". 

Rien n'est plus faux. En matière de réussite éducative et de bien-être des enfants, c'est d'abord l'ambition et la volonté politique qui priment : une dépense engagée pour un enfant avant d'être un "coût" est d'abord un investissement pour son avenir.

Et si la droite est réellement animée par le souci des économies, nous lui suggérons de couper dans les dépenses de fonctionnement inutiles qu'elle vient d'adopter lors du budget modificatif. Ainsi, elle pourrait revenir sur la hausse des indemnités de 28% de Mme le maire-délégué, annuler la coûteuse et dispensable "étude organisationnelle" de 18 000 €, réduire les crédits "fêtes et cérémonies" récemment augmentés, et maintenir le forfait des écoles privées à son niveau légal plutôt que préparer son augmentation !

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