26 juin 2013

Lettre ouverte des élus au président de la Cecab

Déplorant l'absence de dialogue de la CECAB quant au devenir des sites de Boutet-Nicolas depuis l'annonce de leur fermeture, j'ai co-signé avec mes collègues Gilbert Le Bris (Député), Gilbert Monfort (Maire), Gaël Le Meur (conseillère régionale), Jean-Claude Sacré (président de CCA) et Michaël Quernez (Vice-président du Conseil général en charge de l'économie), une lettre ouverte au président du groupe coopératif pour lui demander de bien vouloir accepter de travailler à une solution avec les pouvoirs publics.

Monsieur le Président,

Comme nous avons déjà eu l'occasion de l'exprimer, nous ne comprenons pas les raisons qui ont présidé à la décision de fermer les deux sites de l'entreprise rospordinoise BOUTET-NICOLAS en mars 2014 alors qu'elle continue d'être profitable à votre groupe.

Vous connaissez les conséquences que la cessation d'activité engendrera pour la population et le territoire. Sur le plan social, nous déplorons la faiblesse du PSE qui ne tient pas compte de la moitié des effectifs constituée des salariés saisonniers. Souvent peu qualifiés, ces personnels risquent de connaître une situation professionnelle et sociale très difficile.

L'impact pour la commune de Rosporden sera également conséquent. Pour préserver la compétitivité de l'entreprise BOUTET-NICOLAS, la ville a en effet consenti de lourds investissements (adaptation du réseau routier et de l'usine de production d'eau potable). Mais l'enjeu n'est pas que local, votre projet menace l'existence même de la filière légumes transformés dans le Finistère-sud.

Bassin légumier historique, la Cornouaille est en effet le berceau de la conserve industrielle. Le Conseil général du Finistère a d'ailleurs été le premier financeur des investissements nécessaires aux cultures légumières de Cornouaille. Il a aidé à la réalisation de 180 retenues collinaires et a permis d'équiper d'un réseau d'irrigation pas moins de 7400 Ha dont 2800 Ha sont effectivement irrigués à ce jour.

La société BOUTET-NICOLAS est la dernière unité de production de légumes appertisés en Finistère. Sa fermeture signifiera la disparition d'une activité née dans la commune en 1920. Conjuguée avec la hausse du cours du blé, elle porte le risque d'affaiblir la culture légumière en Cornouaille au profit d'une spécialisation des terres en céréales, contribuant ainsi à la végétalisation de notre territoire dénoncée à raison par les organisations professionnelles du département.

Pourtant, le marché de la conserve de légumes présente encore des opportunités. L'analyse des données économiques de cette filière révèle que le France connaît un déficit commercial important pour des légumes qui sont justement produits dans le bassin cornouaillais. Ainsi, ce déficit s’élevait à 22 000 tonnes en 2011 pour les haricots verts. La France importe ce légume, notamment d'Afrique. La raison devrait donc conduire à développer la capacité de production et non pas à la réduire.

Le projet de restructuration a été annoncé en octobre 2012 et M. le Préfet du Finistère vous a immédiatement notifié que la CECAB était assujettie à l'obligation de revitalisation. Nous regrettons donc qu'à ce stade, vous n'ayez pas entrepris un réel dialogue avec les pouvoirs publics – pouvoirs publics à qui vous demandez par ailleurs assistance face aux difficultés que traverse la SAS GAD – pour envisager l'avenir de l'entreprise BOUTET-NICOLAS.

Les potentialités de l'entreprise sont connues puisque l'usine de production est la 3ème sur les 12 que possède la CECAB en terme de volume de production, et la plate-forme d'expédition de la Rocade Nord est un équipement moderne qui recèle une possibilité d'extension grâce à une importante réserve foncière. Une réindustrialisation pourvoyeuse d'emplois est possible, à condition d'y travailler.

Parce qu'issue du mouvement coopératif agricole, la CECAB doit demeurer fidèle aux valeurs de coopération, en particulier à la solidarité à l'égard des agriculteurs et des salariés. Parce que bretonne, la CECAB doit rester attachée au développement local des territoires qui font sa force. C'est pourquoi nous ne doutons pas que les dirigeants du groupe CECAB répondront à notre appel à travailler dans les meilleurs délais avec l'ensemble des partenaires pour trouver une issue acceptable pour toutes les parties.

En vous remerciant de l'attention que vous porterez à la présente et des suites que vous y apporterez, nous vous prions de croire, M. le Président, en l’expression de nos respectueuses salutations.

1 commentaire:

Unknown a dit…

Bravo pour cette démarche des élus unis dont il conviendra de faire la publicité auprès de nos concitoyens

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