La démocratie représentative suppose que les représentants du peuple rendent compte de la façon dont ils exercent leurs mandats, et qu'ils acceptent la critique de leurs concitoyens. Parfois, cette critique se fait acerbe, poussant jusqu'à l'antiparlementarisme. Le débat autour du "mariage pour tous" semble glisser sur une planche savonneuse pour la dignité du Parlement. Au risque d'alimenter à terme un nouvel antiparlementarisme ?
L'Histoire de la République a connu des épisodes où l'antiparlementarisme enflammait les ligues factieuses et menaçait l'ordre public. Parfois, la critique du système parlementaire s'est nourrie d'arguments plus fondés comme l'impuissance congénitale de la IVème République, incapable de susciter des majorités stables.
Plus récemment, certaines formations de gauche ou écologistes ont mis en cause le principe même de système représentatif, prônant une démocratie directe ou la généralisation du mode de scrutin proportionnel, le seul selon elles, à être vraiment démocratique puisque "tout le monde" est élu.
Une autre critique récurrente se préoccupe moins de la manière de délibérer que du statut considéré comme privilégié des élus : le cumul des mandats et des indemnités sont autant de casus belli à l'encontre d'une classe politique qui serait éloignée des réalités et profiterait de manière éhontée des avantages du pouvoir. Souvent, ces critiques - nécessaires car elles obligent les élus à expliquer la manière dont ils travaillent et à se remettre en question - sont excessives.
Toutefois, à son corps défendant, l'examen du projet de loi sur l'ouverture du mariage aux couples homosexuels a ouvert une brèche, qui pour le coup, porte sérieusement atteinte à la dignité de l'Assemblée Nationale au risque de jeter le discrédit sur la démocratie représentative. Les invectives en tout genre des pros comme des antis étaient plutôt prévisibles. On peut les regretter mais elles sont le lot commun des débats de sociétés clivants. Ce qui change dorénavant, c'est le fait que les députés, plutôt qu'attendre leur tour de prise de parole, se répandent sur le réseau social Twitter en pleine séance à l'encontre de leurs collègues qui pensent différemment !
Fatalement, ce type d'expression en 140 signes n'est sans doute pas la meilleure manière de garantir la sérénité des débats : propos homophobes, insultes, excès en tout genre, photos volées en séance d'élus en "mode récréatif"... Le débat suppose de part et d'autre une qualité d'écoute et de respect que ne permet pas ce support et que le règlement intérieur de l'Assemblée est sensé garantir au travers des procédures qu'il met en oeuvre. Or, sous prétexte de transparence des débats, Twitter devient un défouloir où se dit ce qui ne serait pas prononcé oralement en séance publique.
Cette tendance est-elle irréversible ? Je ne le souhaite pas, et j'espère pour la crédibilité du Parlement, que les députés sauront prendre un peu de hauteur. Qu'ils méditent cette formule du général de Gaulle : "L'autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans éloignement".
Plus récemment, certaines formations de gauche ou écologistes ont mis en cause le principe même de système représentatif, prônant une démocratie directe ou la généralisation du mode de scrutin proportionnel, le seul selon elles, à être vraiment démocratique puisque "tout le monde" est élu.
Une autre critique récurrente se préoccupe moins de la manière de délibérer que du statut considéré comme privilégié des élus : le cumul des mandats et des indemnités sont autant de casus belli à l'encontre d'une classe politique qui serait éloignée des réalités et profiterait de manière éhontée des avantages du pouvoir. Souvent, ces critiques - nécessaires car elles obligent les élus à expliquer la manière dont ils travaillent et à se remettre en question - sont excessives.
Toutefois, à son corps défendant, l'examen du projet de loi sur l'ouverture du mariage aux couples homosexuels a ouvert une brèche, qui pour le coup, porte sérieusement atteinte à la dignité de l'Assemblée Nationale au risque de jeter le discrédit sur la démocratie représentative. Les invectives en tout genre des pros comme des antis étaient plutôt prévisibles. On peut les regretter mais elles sont le lot commun des débats de sociétés clivants. Ce qui change dorénavant, c'est le fait que les députés, plutôt qu'attendre leur tour de prise de parole, se répandent sur le réseau social Twitter en pleine séance à l'encontre de leurs collègues qui pensent différemment !
Cette tendance est-elle irréversible ? Je ne le souhaite pas, et j'espère pour la crédibilité du Parlement, que les députés sauront prendre un peu de hauteur. Qu'ils méditent cette formule du général de Gaulle : "L'autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans éloignement".
Image: affiche du Musée d'Histoire contemporaine illustrant la vague d'antiparlementarisme sous la IIIème République.





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