27 novembre 2012

Rassemblement contre la fermeture de Boutet-Nicolas

Lundi 19 novembre, une délégation d'élus a pu rencontrer la direction de la Cecab en préfecture, avant d'être reçue, mercredi 21, par le ministre de l'agroalimentaire, M. Guillaume Garot. Nous avons réaffirmé en ces occasions notre incompréhension face aux arguments avancés par la Cecab et notre totale détermination à refuser la fermeture des deux sites de Rosporden.

En effet, l'usine est la 3ème en volume de production sur les 12 que possède la branche D'Aucy. Elle réalise, selon les propres dires du directeur général, un bénéfice compris entre 600K€ et 1,3M€ selon les années (plus souvent proche de ce dernier chiffre). La plateforme de conditionnement, ultra-moderne, a traité 108 000 tonnes de produit en 2011 (24% du volume du groupe).

Viables et rentables, ces sites seraient sacrifiés pour deux principales raisons parfaitement réfutables :

- ils seraient implantés trop à l'Ouest, à l'écart des marchés européens et "hors des flux logistiques". Cet argument ne manque pas de surprendre quand on sait que la Cecab possède plusieurs unités industrielles dans un rayon de 30 km autour de Rosporden, et que la quasi-totalité de ses sites est implantée dans le Finistère et le Morbihan. Tant de mauvaise foi est inacceptable de la part d'un groupe coopératif breton. Comme l'a indiqué Gilbert Monfort, c'est un affront adressé à ceux qui défendent l'aménagement du territoire breton et aux entreprises de Cornouaille.

- ils seraient vétustes. La plateforme a 17 ans, elle est quasi-neuve, la plus récente et la plus moderne du groupe. Quant à l'usine, les travaux nécessaires relèvent de mises aux normes qui présentent le caractère d'investissements récurrents et dont le coût n'est pas disproportionné eu égard à ce type d'industrie. La Cecab a par ailleurs investi 18M€ des fonds propres de l'entreprise Boutet-Nicolas en faveur d'autres sites (10M€ en Europe de l'Est, 8M€ dans une filiale commerciale) tandis que les sites rospordinois sont délaissés depuis plusieurs années.

Le projet de la CECAB s'inscrit donc dans une logique financière dont la dimension industrielle nous échappe. En proie à de grandes difficultés dans sa filière porcine (les abattoirs Gad connaissent une dette de près de 180M€), la Cecab a saisi le Comité Interministériel de Restructuration Industrielle (CIRI). Le Ministre Garot a rappelé qu'il n'y aurait pas d'aides publiques sans contrepartie et il exige que la Cecab lui expose la situation globale de la santé du groupe, branche par branche. Nous voulons que le sauvetage de Boutet-Nicolas avec un nouveau projet industriel pour la branche légume figure au rang de ses contreparties.

C'est ce que nous rappellerons samedi à l'occasion de la grande manifestation organisée par les représentants du personnel de Boutet-Nicolas, le comité d'action et les élus du territoire.

Nous vous donnons rendez-vous devant la plateforme de la Rocade Nord à 10h30.

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