J'ai appris ce soir avec stupeur, ainsi qu'une immense tristesse et une profonde colère, l'annonce de la fermeture des deux sites de l'entreprise Boutet-Nicolas à Rosporden.
La conserverie de légumes de la Rue Renan et la plate-forme de distribution de la Rocade Nord cesseraient toute activité dans les prochains mois. Ce sont au moins 200 salariés qui sont concernés et qui se retrouveraient sur le "carreau". Les promesses de reclassement dans d'autres sites ne concerneraient qu'une poignée d'entre eux.
Je savais par des rumeurs que la direction de la CECAB, propriétaire des deux sites, nourrissaient de sombres desseins. Des projets d'investissement prévus de longue date ne voyaient pas le jour, tout a fait été pour rendre l'appareil de production obsolète. C'est d'ailleurs, semble-t'il, le coût de la mise aux normes de l'usine de production qui a été avancé par la direction lors de la réunion du CE qui s'est tenue ce jour, pour justifier une telle décision. Quant à la plate-forme - un équipement moderne -, il serait trop "excentré", ce qui génèrerait des coûts de transport trop excessifs.
Une telle décision n'est pas acceptable. Rosporden et son canton ont toujours vécu pour et par la conserverie de légumes. Des générations entières de femmes et d'hommes ont donné leur force de travail à cette industrie. Ils méritent reconnaissance et respect. C'est leur travail, c'est notre identité.
Cette décision est d'autant moins acceptable que la CECAB est un groupe coopératif, appartenant à des agriculteurs dont beaucoup sont bretons et finistériens. Ce ne sont pas des actionnaires anonymes cachés derrière des fonds de pension étrangers. Ils devraient respecter le pays qui a construit leur prospérité.
Le chiffre d'affaire de 2 MDE (2011) de la CECAB et la rentabilité des sites de Rosporden auraient dû les inciter à mettre en œuvre une autre stratégie pour le bassin de Rosporden, historiquement lié à la conserverie, disposant d'atouts majeurs comme la matière première à proximité et une main d’œuvre de qualité. Au-lieu de cela, la coopérative semble vouloir scier la branche sur laquelle elle est assise.
Nous nous battrons pour convaincre le groupe de revoir sa stratégie. J'avais prévu de participer au Congrès du PS à Toulouse. Je maintiens cette participation dans l'espoir d'obtenir une entrevue avec Arnaud MONTEBOURG que j'ai informé du dossier afin d'obtenir toutes les informations sur cette détestable affaire. Rosporden n'est pas seule à être dans la tempête, l'usine de Ciel en Saône-et-Loire est également dans le collimateur du groupe...




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