Hier soir les socialistes rospordinois accueillaient le sénateur François Marc, membre de l'équipe de campagne de François Hollande, pour une revue de détail du programme économique et fiscal du candidat PS/PRG.En préambule, j'ai tenu à rappeler le triste bilan de Sarkozy en la matière. En effet, la France connaît un paradoxe. Elle n'a jamais été aussi riche dans son histoire (le PIB par habitant croît en moyenne de 2,1% chaque année depuis plusieurs décennies) alors que la crise n'a jamais été aussi dure, et que les Français n'ont jamais subi un déclassement social aussi douloureux.
Cette situation tient à une répartition des richesses inégalitaire et injuste. Qu'on en juge. Le taux d'imposition sur le revenu le plus élevé était de 65% jusqu'en 1986, il est désormais de 41%. La multiplication des niches fiscales a provoqué en 2010 une perte de recettes de 145MD€ sans que l'efficacité économique de ces exonérations soit avérée. Alors que l'impôt sur les sociétés est théoriquement de 33,33%, les grandes entreprises cotées au CAC 40 ne versent en moyenne que 8% de leurs bénéfices grâce à des dispositifs d'exonérations divers et variés. La fraude fiscale est estimée quant à elle entre 40 et 50 MD€ par an. Au final, le 1% les plus riches ne paye que 20% d'impôt sur le revenu. Tous ces cadeaux fiscaux aux amis du Fouquet's ont été financés à crédit. Sans ces avantages iniques, le déficit public aurait été - malgré la crise - de 3,3% du PIB au lieu des 8% actuels.
Durant son quinquennat, Nicolas Sarkozy a réussi le triste exploit d'accroître la dette de plus de 600 MD€, la portant à 1800MD€ ! Le remboursement des intérêts de la dette est aujourd'hui le premier poste budgétaire de l'Etat... Bien sûr ,la droite entonnera comme à son habitude le couplet sur la dépense publique excessive : il faut "dégraisser" ces services publics et ces fonctionnaires trop nombreux. Cette idée reçue ne repose sur aucun élément de vérité puisque la dépense publique a stagné, voire diminué (de 55% du PIB en 1993, elle était tombée à 52,3% en 2007).
Quant à la crise, tout ne peut lui être imputée, loin s'en faut. La Cour des Comptes dans son rapport de 2011 évalue son impact sur le déficit à seulement 1/3, les 2/3 restant procédant directement de la politique fiscale et budgétaire de l'UMP. De fait, Nicolas Sarkozy a réussi le tour de force durant son mandat d'inventer "la redistribution à l'envers", ponctionnant les couches populaires au profit des plus aisés (24 taxes ont été instaurées sur les ménages). Tout autant qu'elle a creusé les inégalités et la dette, sa politique désastreuse a cassé le moteur de la croissance et l'emploi (en 5 ans : 0 point de croissance supplémentaire, 1 M de demandeurs d'emploi en plus !).
En 1789, ce sont l'état catastrophique des finances publiques et l'injustice fiscale qui ont provoqué la Révolution Française. Dimanche prochain, les Français poseront le premier acte de l'abolition des privilèges que Sarkozy a octroyé à ses amis fortunés !




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