01 octobre 2009

La bataille du lait n'est pas finie

Une rencontre d'une délégation d'élus PS et PCF avec les éleveurs laitiers était organisée cet après midi dans une ferme à Scaër. Le lieu n'a pas été choisi par hasard puisque la commune compte 60 exploitations laitières sur 120 recensées.
En présence de Patrick Le Hyaric, Eric Le Bour, Gaëlle Abily, Gérard Lahellec pour le PC, de Gilbert Le Bris, Michaël Quernez, Joël Derrien et moi-même pour le PS, et accompagnés par la maire Paulette Perez, les éleveurs ont fait part de leur désarroi et de leurs attentes vis-à-vis des pouvoirs publics.
Le GAEC qui nous recevait est un exemple typique : un jeune agriculteur installé récemment qui a réalisé de lourds investissements de mise aux normes dont il faut supporter l'emprunt, un prix d'achat du lait ridiculement bas, et c'est 100 euros qui manquent chaque jour pour atteindre le prix de revient ! Les tensions de trésorerie conduisent à emprunter auprès des banques en attendant que le versement des primes PAC apporte une bouffée d'oxygène, une spirale qui n'est pas sans fin. Ou bien les cours remontent, ou bien des milliers d'exploitants feront faillite. 
Dans une région comme la Bretagne, où les paysages comme l'industrie agro-alimentaire se sont structurés autour de la production laitière, c'est un mode de vie qui sera bouleversé. Avec un risque de destruction d'emplois et de concentration des élevages qui deviendront des "usines à lait" sur le modèle danois, où on n'élève plus des animaux mais où on "engraisse des protéines".
Outre des mesures d'urgence destinées à empêcher les faillites (par exemple en obligeant les banques à pratiquer des prêts à taux réduits et en anticipant le paiement des primes PAC de 2010), les élus ont tous réaffirmé la nécessité d'une régulation des marchés, par l'encadrement des prix d'une part afin d'empêcher que les industriels ne reconstituent leurs marges sur le dos des paysans, et de la production d'autre part à travers le maintien des quotas laitiers. La balle est dans le camp du gouvernement et de M. Le Maire : à eux de démontrer qu'ils défendent les laitiers et non pas les groupes financiers qui spéculent sur la ressource alimentaire. 
Ce qui est sûr, c'est que la détermination des laitiers est sans faille, ils ne se laisseront pas mourir et le conflit pourrait prendre d'autres formes si des actes concrets ne sont pas posés rapidement.

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