08 juillet 2009

Le PS atteint du syndrome des "3N"

"Maison commune, primaires, charte et convention de la rénovation, post-matérialisme… », diantre ça débat fort au PS ! Un mois après une défaite humiliante, il est navrant de constater que notre vie interne se résume à un socialisme aussi jargonneux qu’improductif. La dette endémique, les délocalisations, les licenciements, l’injustice sociale et la colère des Français… tout cela semble secondaire pour la direction du parti.

Au quarteron de prétendants a succédé une palanquée de prétendus qui tous, à la manière de cabris, sautent sur leurs chaises : « des primaires ! des primaires ! ». Non pas que l’idée soit stupide, mais est-ce vraiment le moment ? Car ajouter l’aventure au désordre n’est sans doute pas le plus court chemin vers la victoire électorale, et tandis que le climat conflictuel qui agite Solférino se répand par capillarité jusque dans les fédérations, les socialistes semblent atteints d’un syndrome étrange, le syndrome des « 3 N » : nombrilisme, narcissisme et nihilisme.

Nombrilisme. Incapables de penser l’adaptation de la social-démocratie, ils se perdent en débats abscons qui tournent uniquement autour des préoccupations de quelques apparatchiks, et finalement tournent en rond.

Narcissime. Malgré l’image indigente qu’ils exposent au regard des Français, les socialistes s’aiment beaucoup. Oubliant qu’ils appartiennent à l’opposition – certains oublient d’ailleurs de s’opposer –, ils persistent à croire qu’ils sont les meilleurs, que le balancier de l’alternance est automatique, et que n’importe lequel d’entre eux est susceptible d’accéder à la charge suprême. C’est la raison pour laquelle certains inventent des « coups de billard à quarante bandes » pour occuper la pôle position au mépris de la compétence (ce phénomène a d’ailleurs une fâcheuse tendance à se reproduire désormais au plan local).

Nihilisme. Conséquence des deux premiers, la pensée des socialistes est vide. Il ne suffit pas d’avoir des bonnes idées, il faut être capable de dépasser le registre de l’opinion pour forger une analyse scientifique de la réalité socio-économique et contribuer à proposer un vrai contrat de gouvernement aux Français. Cela nécessite deux qualités qui leur font défaut : rigueur et sens de l’intérêt général.

Et puis quelle prétention quand on se prend une raclée que celle de vouloir fédérer la gauche sous sa bannière ! La "maison commune", c’est d’abord le respect des autres forces politiques, c'eut consister en premier à offrir des places éligibles sur nos listes européennes en échange de quelques idées, mais une fois encore le « socialisme motionnaire » a été plus fort que tout. Alors que faire ? se replier sur la gestion locale en désespoir de cause, comme l’a décidé le maire de Brest, navré de l’étendue des dégâts du Congrès de Reims ? Ou tenter vaille que vaille de repartir du bon pied ? J’opte pour la seconde option, et même si ce genre d’initiative ne donne parfois aucun résultat, je vous invite à soutenir celle portée par Robert Hue (PC), Vincent Peillon (PS), Sylvia Pinel (PRG), Jean-Luc Laurent (MRC)… Ça s’appelle le pacte unitaire et c’est ici, et pour une fois, ses initiateurs ne parlent pas d’eux-mêmes ou du PS.

Voilà, c'était le "coup de gueule" d'avant vacances !

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