14 juillet 2009

Cérémonie du souvenir à Kernabat


La sérénité des lieux nous ferait presque oublier l'épisode douloureux qu'a connu Kernabat si une stèle à la mémoire des résistants tombés au champs d'honneur ne nous rappelait leur sacrifice. Elus, anciens combattants, familles... tous étaient encore là cette année pour commémorer cette tragédie.

Après le débarquement, la Résistance avait reçu l'ordre de ralentir les mouvements de troupe allemande en direction de la Normandie. Les parachutages d'armes, souvent accompagnés d'instructeurs, s'accentuèrent afin de permettre aux forces de l'intérieur d'accomplir leur mission. C'est ainsi que le 8 juillet 1944, 107 containers et trois commandos Jedburghs furent parachutés aux confins de Tourc'h et de Scaër, au lieu-dit Miné-Kervir. Si cette première opération eut lieu dans de bonnes conditions, le survol du secteur ne manqua pas d'éveiller les soupçons de l'occupant. 

Un second parachutage était prévu quelques jours plus tard au même endroit dans la nuit du 14 ou 15 juillet. Grossière erreur que les maquisards payèrent cher. Alors que les résistants convoyaient leur matériel vers Quillien, ils tombèrent dans le piège tendu par la Werhmacht : un millier de soldats quadrillait la zone. Interceptés au niveau du hameau de Kernabat, certains tombèrent l'arme à la main tandis que les prisonniers étaient fusillés : 18 résistants furent abattus. 

C'est toujours avec émotion que je me rappelle le récit que m'en a fait mon grand-père. Réquisitionné avec son frère pour identifier les cadavres, il garda toute sa vie en mémoire l'image de ces jeunes hommes qui étaient des voisins, des amis, ou des collègues, et dont les corps maculés de sang étaient envahis par les mouches. L'un d'eux, abattu d'une balle derrière la tête était tellement méconnaissable qu'ils le prirent pour un autre... Autant que l'héroïsme des morts, c'est la capacité à pardonner de ceux qui ont subi ces tristes événements qui m'impressionne toujours. Leur amour de la paix est notre plus bel héritage.

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