
Comme chaque année la foire bio de Trégunc, organisée par l'assocation PARESSE, accueille des conférenciers de qualité. Cette année, Serge LATOUCHE, professeur d'économie disciple de CASTORIADIS, et Hervé KEMPF, journaliste au Monde, sont à l'honneur.
J'ai assisté à la conférence du premier avec beaucoup d'intérêt : "la décroissance face à la crise". Loin des caricatures que véhiculent ses détracteurs, la décroissance n'est pas un gadget de bobo, irréaliste et mal pensé. Comme le relève LATOUCHE, c'est tout à la fois un slogan et une théorie économique.
Rappelant que quoiqu'il arrive il est déjà trop tard pour endiguer un réchauffement climatique de 2 à 6 degrés d'ici à la fin du siècle, que l'empreinte écologique nous indique que notre modèle de croissance épuisera les principales ressources de la planète à l'horizon 2040, LATOUCHE appelle à repenser complètement notre mode de vie. La décroissance n'est pas "la croissance négative" (comme la crise que nous vivons), elle consiste avant tout à rejeter notre "toxico-dépendance à la consommation" qui permet à quelques "oligarques" d'appauvrir le Sud et d'asseoir leur domination sur les populations du Nord.
Pour LATOUCHE, il ne faut pas seulement réduire notre consommation, il faut aussi produire mieux et consommer mieux (par exemple, en "relocalisant" les unités de production près des bassins de consommation, encourager l'agriculture paysanne etc.). La crise peut être l'opportunité d'une remise en cause du modèle capitaliste.
Quoiqu'on en pense, nul ne peut prétendre faire de la politique aujourd'hui en faisant l'impasse sur ce concept.




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire