22 février 2009

Réforme du statut d'enseignant-chercheur : et l'intérêt de l'université ?

Le nouveau statut des enseignants-chercheurs souhaité par Valérie Pécresse soulève un vaste débat dans la communauté universitaire, notamment en raison de l'introduction du principe de modulation de service destiné à permettre aux enseignants qui se consacrent à la recherche, au tutorat ou à des tâches administratives, d'assurer un volume horaire d'enseignement réduit.

Les enseignants-chercheurs y voient une atteinte à leur indépendance puisque cette modulation sera décidée par le président de l'université après évaluation, ils considèrent également que cette réforme fait de l'enseignement - qui est tout de même la mission fondamentale de ce service public - une "punition" pour ceux dont les travaux de recherche n'auraient pas été jugés satisfaisants.

A titre personnel, si je comprends leur malaise,  j'aurais aimé que les enseignants-chercheurs ne se contentent pas de se regarder le nombril. Ils auraient pû tout aussi bien critiquer le silence de la réforme Pécresse sur le statut des chargés d'enseignement dont on exige un travail considérable pour une rémunération de misère (seules les heures de TD sont payées, pas la correction des copies d'examen !); ils auraient également s'offusquer de l'absence de mesures contre le système de "mandarinat" qui prévaut malheureusement encore trop souvent dans le recrutement des Maîtres de Conférence. En effet, combien d'étudiants chercheurs,  qui après avoir effectué leurs thèses et assurer d'innombrables heures de TD, ne peuvent être admis sur liste d'aptitude faute de "réseau" au sein du Conseil National de l'Université et doivent quitter l'enseignement. La communauté universitaire ne se limite pas qu'aux enseignants chercheurs...

Dans tous les cas, la réforme Pécresse est insuffisante. Il ne suffisait pas de proclamer l'autonomie de l'université, il fallait aussi lui donner des véritables moyens afin que la fac ne soit plus considérée par les bacheliers comme un pis-aller coincé entre des filières courtes professionnalisantes (IUT) et les Grandes Ecoles. Je n'arrive toujours pas à comprendre la timidité de la droite à investir dans l'innovation et le système éducatif alors que tous les économistes et les démographes l'attestent : le niveau de croissance est aussi fonction du niveau de formation. L'université n'a en effet pas pour seul but de former des citoyens éclairés, elle doit aussi leur donner des clefs pour leur avenir professionnel.

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