
Dans le cadre du festival Taol Kurun dont le thème cette année est "le bazar de la solidarité", l'équipe du Café-philo de Quimperlé organisait hier soir à Mellac un débat. Invité, avec trois autres intervenants, en ma qualité d'avocat et de militant de la Ligue des Droits de l'Homme, j'ai planché avec le public sur la question "pourquoi se soucier des autres ?"
Quelle bonne question en vérité ! Bien souvent, ceux qui s'engagent ont le nez dans le guidon de l'action. L'engagement devient un réflexe qui fait parfois l'impasse de la réflexion, sur son sens profond. Amené à faire un peu d'introspection, j'ai soutenu qu'avant de se soucier des autres, l'engagement part d'une démarche intellectuelle. Car à moins d'avoir vu de près la misère et la souffrance, on commence souvent par défendre des idées, des principes. Puis ensuite, on s'aperçoit que derrière ces principes, il y a des cas concrets, des vies humaines. Et c'est là seulement qu'on commence vraiment à se soucier des autres.
Au cours des débats avec la salle, j'ai également évoqué en écho à l'actualité politique et sociale, le programme du Conseil National de la Résistance, l'un des plus beaux exemples de solidarité de notre Histoire, à l'origine de l'Etat-providence. S'il a été élaboré par des hommes de gauche et de droite, c'est très certainement car les temps l'imposaient. La barbarie ruinait l'Europe et la solidarité était le dernier rempart de l'humanité. Un auditeur n'a pas manqué de rebondir sur un paradoxe : la France de 1945 avait des ambitions de solidarité bien plus fortes qu'aujourd'hui alors qu'elle était beaucoup moins prospère... A méditer !




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