14 juin 2008

Respecter le Non irlandais

A peine les résultats du rejet du Traité de Lisbonne connus, les conférences de rédaction et les chancelleries du continent ont fait feu de tout bois pour maudire le peuple irlandais, en particulier en France et en Allemagne: "Comment est-ce permis ?! ce petit peuple de moins de 4 millions d'habitants prend en otage l'Europe entière ! Il n'y a qu'à continuer sans eux".

Cette réaction est assez symptomatique de l'arrogance des principaux artisans du Traité, le Président Sarkozy et Mme Merkel, qui rêvent d'imposer au continent un modèle que tous les peuples rejettent, bâti sans ciment politique et sans dessein économique et social. Ils ne sont pas les seuls à en juger par les silences lâches et complices de certains parlementaires socialistes (dont certains prétendaient défendre le non lors du référendum de mai 2005!) qui ont permis la ratification lors de la réunion du Congrès.

Quand les élites eurocratiques vont-elles comprendre que l'Union est en train de se déliter doucement, mais sûrement ? On peut toujours blâmer les raisons qui ont conduit au choix irlandais. Mais de quels droits, nous autres Français, prétendons nous imposer à l'Eire ce dont elle ne veut pas ? Je suis convaincu que le modèle fédéraliste n'est pas applicable à 27 membres. Au contraire, plus on le brandit, plus il fait peur aux nations. N'oublions jamais que le moteur de l'Histoire, partout et à toute époque, est le combat multiséculaire des peuples pour se constituer en nations libres et autonomes.

Chaque fois qu'on voudra instaurer une union à marche forcée sans concertation ni débat démocratique, chaque fois qu'on prétendra abolir les souverainetés, alors à chaque fois on excitera les nationalismes et on fera reculer le cosmopolitisme européen.Voter oui à ce type de texte, c'est préparer le terrain à l'extrémisme, c'est se faire complice de Le Pen.

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