30 septembre 2006

Président

Si la tradition du film politique est bien ancrée dans le cinéma américain, elle demeure anecdotique en France. Frilosité ? Peur ? le manque d'intérêt des réalisateurs français est réel, même si depuis peu la tendance semble s'inverser comme l'ont montré Robert Guédigian et son "Promeneur du Champs de Mars" voire Claude Chabrol avec "L'Ivresse du pouvoir". A moins d'un an des échéances de 2007, c'est au tour de Lionel Delplanque de s'attaquer à la décrépitude de la démocratie française dans "Président" .

Interprété par l'étrange Albert Dupontel, le personnage principal colle autant à la substance de la fonction qu'à ceux qui l'ont incarnée ou qui prétendent la conquérir : un brin de Giscard, un soupçon de Mitterrand, une pincée de Chirac, une louche de Sarkozy. Le script mêle éléments de fiction et clins d'oeil à la réalité : financement occulte, françafrique, parlement croupion, cabinet noir et train de vie luxueux, l'Elysée plus vraie que nature !
Relevons cette scène d'anticipation : le président sur la sellette doit faire face au nouvel article 68 de la Constitution qui permet la saisine de la Haute Cour pour simple "manquement" aux obligations de sa charge et non plus "Haute Trahison", le Président s'emporte contre les idiots qui ont initié une telle réforme constitutionnelle et contre les députés qui le "cherchent", ces sales "gnomes"!
A noter également la performance de Claude Rich dans un petit rôle entre François de Grossouvre et Jérôme Monod.
Pas un chef d'oeuvre, mais un bel essai dans un genre cinématographique encore en jachère.

Aucun commentaire:

Fourni par Blogger.