Le cas de la Sogerma prouve que la mondialisation non maîtrisée est un rouleau compresseur qui n'épargne aucune industrie.Le groupe EADS a décidé en loucedé de fermer le site de sa filiale spécialisée dans la maintenance aéronautique à Mérignac. La droite qui gouverne a une responsabilité directe dans cette tragédie humaine qui menace entre 300 et 500 salariés, M. DE VILLEPIN peut bien faire comme s'il avait réussi à arracher des garanties au patron de EADS. Il oublie de dire que l'Etat est actionnaire et client du groupe, et qu'à ce titre il dispose de moyens de pressions réels. Encore ne fallait-il pas laisser MAM dénoncer des contrats qui liaient l'armée de l'Air à la SOGERMA, la ministre aurait préféré des prestataires moins chers à l'étranger...
EADS projette donc de délocaliser l'activité du site. Activité dont tout le monde s'accorde à dire qu'elle relève d'un savoir-faire spécifique dans lequel les ouvriers, techniciens et ingénieurs de la SOGERMA ont fait depuis longtemps leur preuve. Il ne s'agit pas d'une activité à la chaîne, répétitive et basique. Non, les personnels apportaient leur matière grise et donc une forte "valeur ajoutée". Pourtant on se propose de les délocaliser.
Cette situation apporte un sérieux démenti aux économistes et aux hommes politiques qui, considérant la mondialisation inéluctable, préconise d'abandonner aux pays émergents les emplois peu qualifiés pour lesquels le coût du travail sera toujours trop cher afin de se concentrer sur le développement des métiers à forte "valeur ajoutée", ceux pour lesquels la concurrence serait moindre en raison d'un savoir-faire, d'un apport intellectuel ou d'une technicité que les pays moins-disants ne pourraient atteindre. C'est oublier un peu vite que l'Europe n'a pas le monopole de l'innovation et du savoir. Des pays comme l'Inde, la Chine ou la Corée sont aujourd'hui en capacité de former des ingénieurs et des cadres de grandes qualités... à des coûts moindre que les notres. Rien ne fait donc obstacle à ce que ces pays attirent des secteurs d'activités que l'on croît indélocalisables.
Il ne peut y avoir d'acceptation passive de la mondialisation. Pour protéger nos salariés, il faut l'affronter de face pour ce qu'elle est et telle qu'elle est.




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