16 novembre 2013

CCA : la politique économique en débat

Le conseil communautaire réuni à Concarneau ce jeudi devait se prononcer sur l'extension de la zone d'activités de Colguen. Par 23 votes contre, 15 pour et 3 abstentions, ce projet mal pensé a été rejeté par une majorité d'élus de différentes communes et sensibilités. Au-delà de la méthode du vice-président UMP en charge de l'économie qui n'a écouté aucune des réserves formulées depuis des mois, ce vote interroge la politique économique de l'agglomération. J'ai défendu le rejet de l'extension pour 3 motifs. 

La crise qui frappe Rosporden à travers la fermeture prévisible de Boutet-Nicolas entraînera la disparition de près de 300 emplois et laissera vacants 22 hectares de foncier et d'immobilier appartenant au groupe Cecab. Dans le cadre de la revitalisation, la priorité doit être donnée à la réindustrialisation de la plateforme de la Rocade Nord, et à une réflexion sur la réserve foncière attenante. La ville de Rosporden contribue solidairement à l'agglomération depuis l'adoption de la taxe professionnelle unique. Il est normal que percevant l'impôt économique rospordinois, l'agglomération agisse à son tour en faveur de l'économie rospordinoise quand celle-ci en a besoin. Or, elle ne pourra pas mener efficacement de front la réindustrialisation de Rosporden et l'ouverture d'une zone à Concarneau.

La politique économique conduite depuis 2008 n'est pas conforme au projet de territoire de l'agglomération qui prévoit un développement équilibré autour des deux pôles que constituent Rosporden et Concarneau.  Tous les projets en matière de développement économique (pépinière d'entreprises, zones d'activités, éco-pôle…) laisse Rosporden de côté, de telle sorte, que le risque d'accentuer le glissement résidentiel des communes du canton est réel.

Enfin, la seule création de zones d'activités ne peut tenir lieu de politique économique. Une agglomération qui comprend la 3ème ville du Finistère a besoin de se doter d'un véritable schéma communautaire de développement économique pour définir une vision stratégique et prospective. Colguen I connaît un bilan mitigé avec une commercialisation difficile qui laisse plusieurs hectares sans preneurs. D'autres parcs d'activités, comme celui de Dioulan à Rosporden, attendent toujours d'être requalifiés. Dans ces conditions, il y a d'autres préoccupations que la création d'une nouvelle zone. Il faut d'abord mener un diagnostic approfondi des forces et faiblesse du territoire, des filières qui font son dynamisme, avant de réfléchir aux infrastructures véritablement utiles (port de Concarneau, pôle logistique, Internet Très Haut Débit…). 

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