23 mars 2013

Boutet-Nicolas : le point sur la lutte

Samedi dernier, le comité d'action pour la continuité de l'entreprise Boutet-Nicolas organisait un Fest-Noz de soutien en présence notamment de Gilles Servat. Ce fut un franc succès qui a réuni 800 personnes et dont les recettes vont aider le comité d'entreprise à financer le recours en justice afin de contester le motif économique du PSE.

Ce recours s'appuie notamment sur les conclusions du rapport du cabinet Progexa, expert mandaté par le comité d'entreprise. Ce rapport qui a été communiqué aux élus locaux confirme nos craintes et devrait susciter une réaction ferme des pouvoirs publics pour contraindre la Cecab à négocier avec l'ensemble des partenaires concernés.

Il révèle notamment que la branche D'Aucy Long Life (D2L), à laquelle appartient l'entreprise Boutet-Nicolas et qui constitue le métier stratégique du groupe, a été fortement contributrice des investissements réalisés en Europe de l'Est et dans l'entreprise Gad SAS, investissements qui se sont soldés par des échecs et qui ont été opérés au détriment des besoins en investissement de la filière conserve*.

Le rapport contredit également les prévisions pessimistes de la Cecab sur l'évolution du marché du légume appertisé. Ce marché est porteur et la marque D'Aucy y progresse régulièrement, permettant la distribution de dividendes et de ristournes aux adhérents de la coopérative.

Le cabinet suggère qu'il est vraisemblable que la restructuration de la branche D2L soit effectuée sur pression des partenaires bancaires de la Cecab. Il relève d'ailleurs que la logique industrielle du projet n'apparaît pas vraiment. Il semble même dangereux pour la pérennité du groupe étant considéré le coût des investissements, celui des obligations de revitalisation, ainsi que des incertitudes organisationnelles, environnementales et sociales qui permettent de douter de la capacité des sites préservés à absorber une hausse de production.

En outre, il souligne que cette restructuration ne peut-être qu'une étape d'un mouvement plus vaste de reconfiguration capitalistique et juridique du groupe dont les contours et les conséquences sont imprévisibles à ce stade.

Enfin, il note que le volet social est faiblement bâti. Les reclassements annoncés sont peu crédibles si on considère les licenciements prévisibles chez Gad SAS et les mesures sociales d'accompagnement sont jugées insuffisantes en l'état. Quant aux saisonniers, ils ne sont tout simplement pas pris en considération.

Les sociétés Boutet-Nicolas et Val d'Aucy, menacées de fermeture, ne sont pas des entreprises en difficulté : elles sont rentables et profitables. Dans ces conditions, les élus et la population n'entendent pas céder à la résignation et maintiennent leurs  exigences de voir l'Etat et la Région user de tous les moyens dont ils disposent pour obliger la Cecab à négocier. 

* On rappellera à cet égard que la coopérative agricole a fait construire en 2007 une usine de conserve en Russie et prenait le contrôle de la société hongroise Globus. Subissant un cuisant revers, elle était contrainte de revendre son outil de production russe à Bonduelle en 2011. Au même moment, le groupe légumier rachetait les abattoirs Gad dont la situation de quasi-faillite était déjà connue. A peine le rachat effectué, la Cecab tentait de revendre Gad SAS. En octobre 2011, le groupe refusait les deux offres formulées respectivement par la Cooperl et Bigard.

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