19 novembre 2011

Paris vaut bien une centrale nucléaire

Il y a quelques jours encore Mme Duflot, secrétaire nationale d'Europe Ecologie Les Verts, faisait de l'abandon du nucléaire la condition sine qua non d'un accord avec le Parti socialiste. Nous allions voir ce que nous allions voir, le parti écologiste était prêt "à n'avoir aucun député" plutôt "que de renier ses convictions profondes".

Puis la condition sine qua non a glissé subrepticement de la sortie du nucléaire vers l'arrêt de la construction de l'EPR de Flamanville, puis finalement... plus rien ! Après quelques rodomontades sur le Mox, Mme Duflot a finalement renié "ses convictions les plus profondes" en échange d'un nombre de circonscriptions suffisant pour permettre à son parti de constituer un groupe parlementaire en cas de victoire... et surtout en échange d'un parachutage à Paris, dans une circonscription considérée comme imperdable.

Alors qu'il s'agissait de l'unique différence entre les deux candidats finalistes de la Primaire citoyenne, il n'a pu échapper à Mme Duflot que celui qui l'a emportée avait clairement affirmé - contrairement à Martine Aubry - qu'il souhaitait conserver l'énergie nucléaire tout en diminuant sa part dans la production électrique. Mais fort des 13 223 voix qui avaient permis à Eva Joly de battre Nicolas Hulot, EELV feignait d'ignorer les 1 607 268 électeurs qui ont donné une victoire nette à François Hollande en toute connaissance de cause. Déni de réalité ou posture politicienne ? Je crains malheureusement qu'il ne s'agit de la seconde option.

La pureté en politique n'existe pas plus chez les Verts qu'au PS, mais quand on prétend se distinguer des autres formations politiques en pratiquant "la politique autrement", il faut souffrir de se voir rappeler ses contradictions de temps à autre. La candidature d'Eva Joly sort affaiblie de cet épisode. Bien que je ne voterai pas pour elle, je lui reconnais d'être une femme de conviction au tempérament bien trempé. Elle méritait mieux que la manière dont ses amis ont bradé son programme et amoindri ses chances de peser dans le débat présidentiel.

Passée cette péripétie, le débat sur la sortie du nucléaire demeure. Considérant que cette sortie est inéluctable, j'estime qu'il vaut mieux l'anticiper. La question qui se posera porte sur les modalités de la transition. J'y reviendrai.

1 commentaire:

Michel Loussouarn a dit…

Le site web du journal Marianne a révélé ce qui constitue sans doute une explication aux positions à géométrie variable :

http://www.marianne2.fr/Exclusif-la-face-cachee-de-l-accord-Hollande-Duflot_a212590.html

Fourni par Blogger.