
Réunis en Pologne, les ministres des finances de la zone euro ont repoussé à octobre la décision d'accorder à la Grèce le second versement prévu par le plan de sauvetage, alors que le pays est au bord du défaut de paiement. Par contre, ils ont insisté fortement auprès du gouvernement Papandréou pour qu'il applique dans toute sa rigueur le plan d'austérité imposé par le FMI et les bailleurs du Fonds européen de stabilité.
Les coupes claires imposées à la Grèce ont produit un résultat exactement contraire à celui qui était recherché. Tout en aggravant la casse sociale, elles ont brisé la croissance et fait explosé les déficits. Les membres de l'Eurogroupe, contraints de travailler à un second plan de sauvetage de 160 Md€, sont tombés d'accord... pour qu'il n'y ait pas d'accord. Les Etats européens eux-mêmes fragilisés par l'état de leurs finances publiques rechignent à mettre la main aux portefeuilles, tandis que les bons élèves - comme l'Allemagne - ne comprennent pas pourquoi leurs contribuables devraient secourir les Etats qui ont joué à la cigale. Ces postures seraient fondées s'il n'existait pas une solution alternative.
Tel n'est pas le cas. En mars dernier, le Parlement européen a approuvé à une très large majorité (529 voix pour, 127 contre et 19 abstentions) une résolution demandant l'instauration d'une "Taxe sur les transactions financières" à l'échelle européenne, sur proposition de Mme Podimata, eurodéputée grecque du PSE.
Appliquée dans la seule Union européenne, cette taxe au taux de 0,05% rapporterait 200 Md€ de recettes durables. Etendue au niveau mondial, le montant des ressources s'élèverait à 650 Md€. Suffisamment pour renflouer les Etats en situation de banqueroute, financer des actions de développement dans les pays du Sud et ralentir la spéculation... Malheureusement, la Commission européenne toujours prompte à céder au lobbying des places financières a remis le couvercle sur l'initiative du Parlement.
A l'occasion de la présidence française du G20, Nicolas Sarkozy avait lui-même défendu l'adoption d'une telle mesure. L'Allemagne, qui ne veut pas payer pour les autres, se dit également favorable. De la parole aux actes, il ne manque désormais que le courage (ou la sincérité). La crise actuelle est l'occasion d'abandonner les vieilles potions néo-libérales dont les élites bien-pensantes abreuvent les peuples depuis 30 ans. Cette taxe est une nécessité, et nous y viendrons tôt ou tard...




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