29 mai 2011

Sortons de l'énergie nucléaire

Dans la quasi-indifférence des grands médias, l'opérateur japonais TEPCO qui refusait jusqu'à présent de prendre la mesure de la catastrophe, a reconnu il y a plusieurs jours que le combustible des 3 réacteurs de la centrale de Fukushima Dai-ichi était entré en fusion, avant de tomber au fond des cuves, désormais menacées de perforation.

L'ONG GREENPEACE vient de procéder à des mesures de radioactivité des fonds marins à plusieurs dizaines de kilomètres des cotes japonaises. Son constat est alarmant : le niveau de radioactivité est jusqu'à cent fois supérieur à la normale. Poissons, plancton, crustacés sont désormais contaminés dans un large périmètre autour de la centrale. Le risque pour la santé humaine est réel.

Le nucléaire, japonais ou pas, n'est pas une source d'énergie sûre. La liste des accidents, graves ou maîtrisés, le prouve.

Le nucléaire n'est pas une énergie propre. Le traitement des déchets les plus radioactifs, par enfouissage ou stockage, pose des problèmes à long terme.

Le nucléaire n'est pas une énergie renouvelable. Même si les experts s'affrontent à ce sujet, il est certain que tôt ou tard les ressources en combustibles s'épuiseront.

Comme les hydrocarbures, le nucléaire est un facteur de tensions géostratégiques et sa maîtrise technique demeure inaccessible aux pays pauvres. Certes, le nucléaire a rendu des services à la France. Il lui a donné l'indépendance énergétique en réduisant la facture pétrolière, il a permis la création de fleurons industriels reconnus dans le monde entier. Pourtant, le temps est venu de se préparer à en sortir et d'amorcer la transition énergétique. La Suisse et l'Allemagne s'apprêtent à opérer ce choix courageux.

Celles et ceux d'entre vous qui ont assisté à la passionnante réunion-débat avec Jean-Claude PIERRE ("Voyage au pays du futur") dans le cadre de ma campagne, savent que des technologies alternatives existent, et que sortir du pétrole et du nucléaire n'est pas synonyme de retour à la bougie ou au char-à-banc.

Tout récemment, les experts du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) réunis à Abu Dhabi ont présenté aux décideurs un rapport selon lequel, les énergies renouvelables sont en capacité de satisfaire 77% des besoins mondiaux en énergies à l'horizon 2050. Le rapport précise en outre que 97% des capacités techniques des énergies renouvelables sont actuellement inexploitées.

C'est un formidable espoir qui se lève. Alors que les "vieilles énergies" accentuent la compétition entre Etats pour la maîtrise des ressources, tous les pays disposent de sources d'énergies renouvelables, qu'il s'agisse de l'éolien, du solaire, des bioénergies, des énergies hydrauliques etc. La sauvegarde de la planète imposera une coopération internationale pour la globalisation des énergies vertes, permettant à des millions d'hommes et de femmes qui en sont aujourd'hui privés d'atteindre un modèle de développement assurant leur bien-être.

Comme d'autres, la France pourrait jouer un rôle important dans cette mutation énergétique si elle acceptait d'investir réellement dans les secteurs d'avenir plutôt qu'à s'entêter à défendre une technologie qui risque de devenir rapidement dépassée.

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