
Conseil animé hier soir à Tourc'h. Après le débat d'orientation budgétaire, la décision du Bureau communautaire d'abandonner la création d'une Zone de Développement Eolien (ZDE) a été diversement commentée par les élus.
Cette décision fait elle-même suite au vote défavorable de 3 communes sur les territoires desquelles les gisements éoliens permettaient l'implantation d'une ZDE (Elliant, Nevez, Pont-Aven). Comme souvent sur cette question, des positions de principe exprimées avec virulence ne présentent pas beaucoup d'intérêt. Il y a malheureusement toujours des ayatollahs de l'écologie punitive pour attaquer des communes souveraines au nom d'une vision dogmatique départie de toute approche rationnelle, comme il y a toujours des réfractaires aux nouvelles énergies...
Cela dit, à l'approche de l'échéance régionale, on peut comprendre que certains élus concarnois à l'UMP ou chez les Verts recherchent leur quart d'heure de gloire dans la presse locale en "faisant la leçon" aux autres communes puisque la course médiatique au plus écolo est lancée... C'est une position d'autant plus facile quand ces donneurs de leçons sont élus d'une commune sur laquelle aucun projet n'était prévu. Il n'en demeure pas moins que traiter "d'irresponsables" des élus communaux démocratiquement choisis par leurs concitoyens est aussi grave que de chercher à dresser des communes contre les autres. Certains ne comprennent décidément rien à l'intercommunalité et ce sont toujours les mêmes.
Pour ma part, j'ai redis ce que j'avais déjà exposé au moment de l'étude lors d'une réunion précédente à Tourc'h. Je n'ai toujours pas compris pourquoi le cabinet d'étude a fixé arbitrairement une distance uniforme de 500 mètres entre les habitations et les éoliennes sur tout le territoire de la 4C. L'installation d'un parc éolien est toujours soumise à étude d'impact, laquelle apprécie la configuration du terrain et de l'habitat, les caractéristiques techniques, la puissance de l'engin et d'autres paramètres afin de déterminer le niveau de nuisance potentiel.
Or, le schéma éolien a fait comme si que toutes les zones de gisement éolien présentaient les mêmes caractéristiques en matière d'urbanisme et comme si les projets de ZDE potentiels étaient similaires les uns aux autres. La configuration de l'habitat et du parc éolien peuvent modifier les données. Là où 400 mètre de recul peuvent être satisfaisants pour éviter des nuisances, il en faudra peut-être 600 ailleurs pour rassurer les riverains et réduire le syndrome "nimby"...
Au-delà du cas de la ZDE, je m'interroge sur plusieurs points.
La 4C souhaite devenir "chef de file" d'un plan climat-énergie territorial, c'est une louable intention. Mais alors pourquoi le schéma éolien ne dit mot sur nos potentialités d'éolien off-shore ? Il me semble pourtant que la surface maritime de la 4C n'est pas négligeable. De Nevez à Concarneau, en passant par Trégunc, nos cotes sont bien dotées en Noroît et Suroît. Quelqu'un aurait-il peur du syndrome "Nimby" en pays concarnois ? Craint-on d'affronter les réticences des pêcheurs ?
Je me demande aussi si l'intercommunalité est bien l'échelon pertinent pour le développement éolien. Le Département ou la Région ne sont-ils pas mieux adaptés pour réaliser un déploiement efficace des parcs afin d'éviter le "mitage" de la Bretagne en soutenant les projets là où ils sont cohérents et réellement efficaces ?
Enfin, la vision libérale de l'éolien terrestre a beau se cacher derrière les louables intentions du Grenelle, elle traduit surtout désengagement de l'Etat. L'énergie devrait toujours être un service public, qu'il s'agisse de la production ou de la distribution. L'obligation de rachat à tarif préférentiel par EDF constitue un "jackpot" pour des investisseurs privés et les heureux propriétaires fonciers, sans qu'à ce jour l'éolien ait réellement permis d'équilibrer le bouquet énergétique français. Beaucoup de ses promoteurs y trouvent surtout un nouveau marché spéculatif sans réelle régulation publique. Des projets publics - avec des règles claires - motivés par l'intérêt général ne seraient-ils pas mieux adaptés aux enjeux du réchauffement climatique ?
Alors oui à l'éolien, mais faisons bien les choses !




2 commentaires:
Enregistrer un commentaire