
La rentrée politique et les échéances qui se profilent sont l'occasion de remettre au goût du jour le débat sur la 6ème république.
Qu'on en juge. Dans une interview au Ouest-France du lundi 21/08, Jean-Louis Debré fils de l'inventeur de la Vème république et président de l'Assemblée, à la question : "quel système politique étranger correspond le mieux à ce que vous souhaitez pour la France ?", répond "le système parlementaire anglais".
Dans une tribune du 23/08 parue dans le même journal, Pierre Maille, président du CG du Finistère, appelle de ses voeux à ce que le ou la candidat(e) du PS annonce qu'il ne gouvernera pas s'il est élu, qu'il exercera une [présidence modeste] face à un parlement renforcé et à un premier ministre qui dirige effectivement la politique gouvernementale.
Au PS, Laurent Fabius est sur une ligne proche et défend une
"Arnaud a eu le tact de ne pas prononcer le mot de VIe République. Alors je le ferai et je dirai : cette réforme démocratique profonde, est-ce que cette réforme va conduire à une 6ème République ? Faisons d’abord les choses et nommons les ensuite. Quand nous aurons accompli ces réformes institutionnelles et tenu parole, nous saurons si oui ou non nous avons su créer une 6ème république. Et je vous donne rendez-vous pour savoir si nous avons réussi."
Seuls Lang, DSK, et Jospin persistent dans la voie présidentielle en contradiction du projet qu'ils ont voté.
Chez les Verts, le vote du projet a entériné un recul par rapport aux prises de décision précédentes en revenant à la logique présidentielle, Silvain Pastor responsable verts aux institutions n'est pas parvenu à faire accepter la 6ème république parlementaire.
Idem chez les Radicaux de Gauche qui préconisent un régime "à l'américaine", seul le PC a fait sien un projet de réforme qui se rapproche du notre.
Ces évolutions prouvent que le débat est loin d'être clos et que la C6R a sa place à jouer dans l'année à venir en interpellant les candidats et en continuant la promotion inlassable des idées démocratiques qui nous animent.
Photo : Jean-Pierre Clatot (AFP)




4 commentaires:
Je n'ai pas étudié la question pour tous les candidats, mais il est faux de dire que DSK souhaite une présidence au cours de laquelle le parlement serait affaibli. Au mois de janvier dernier il se prononcait pour le mandat parlementaire unique et dans son discours à La Rochelle il a eu ces mots :
"Je veux un Président convaincu, un Président qui gouverne, mais je veux en face un Parlement qui soit là pour en organiser le contrôle. Restaurer le contrôle parlementaire passe par tout un ensemble de mesures. Le parti socialiste a prévu que les députés soient des députés à plein temps, c'est bien ! Et il faut aussi revoir le nombre de commissions, il faut limiter l'emploi du 49-3.
[... long passage sur la décentralisation...]
C'est dans ce rééquilibrage, dans cette ère nouvelle de la décentralisation, qu'à côté du renforcement des pouvoirs du Parlement, je vois l'équilibre des pouvoirs dans notre pays."
Je n'ai jamais écrit que DSK voulait "un Parlement(qui) serait affaibli", d'ailleurs aucun candidat de gauche comme de droite n'a jamais parlé (même s'il leur arrive de le penser) de réduire les pouvoirs du Parlement.
Par contre, et c'est que j'affirme, DSK s'est prononcé à de multiples fois pour un régime présidentiel, càd un régime à l'américaine avec un président fort qui concentre tous les pouvoirs de l'exécutif et un parlement également puissant qui peut neutraliser la politique gouvernementale. Ce régime ne fonctionne qu'aux USA, les autres expériences ont confiné à la paralysie ou bien ont conduit à des présidences de type impériale lorsque le chef d'Etat venait à prendre le pas sur le parlement. Dans toute l'Histoire de France, de la IIe république à nos jours, les socialistes ont toujours combattu ce type de régime. Il est donc curieux de constater que DSK qui se revendique de Jaurès et de PMF en vienne à faire l'éloge d'un tel système.
Bonjour Michel, merci de ta réponse. Il me semble que tu opposes un peu trop frontalement "régime présidentiel" et "régime parlementaire". Il est possible d'avoir une Présidence forte tout en réformant profondément les missions et le fonctionnement du parlement. C'est ce que propose DSK, et c'est nouveau. Il ne me semble pas que ce soit contraire au projet des socialistes. Je n'arrive pas à mettre la main sur mon petit livre rose, je vérifierai.
Cordialement,
Alice.
Bonjour Alice,
d'un point de vue juridique et même politique, "régime parlementaire" et "régime présidentiel" ne sont pas du tout la même chose, JJU t'expliquera beaucoup mieux que moi la différence.
Ce que je peux dire c'est que sur ce point le programme socialiste est assez ambigu puisqu'il parle d'instaurer un système restaurant les pouvoirs du parlement et de faire de la présidence une fonction plus arbitrale, bien sûr le projet ne détaille pas les compétences qu'on lui réservera, en vérité on peut craindre que le référendum promis ne change pas grand chose et que seul le bon vouloir de celui ou celle qui sera élu(e) fera de la présidence une arbitre qui laissera le gouvernement gouverner.
d'ailleurs c'est toute la faille des parlementaristes : comment se présenter à une fonction dont on souhaite amenuiser les pouvoirs ?
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