15 mai 2008

Syndicat de Rivières Aven/Ster-Gozh

Ce soir se tenait à Pont-Aven le premier comité syndical du SIRAS (Syndicat Intercommunal de Rivière Aven-Ster Gozh). A cette occasion, j’ai été élu vice-président, Mme Biseau, maire de Pont Aven, officiant à la tête du syndicat.

Créé dans les années 1980 pour la mise en œuvre d’un contrat de rivière, le SIRAS avait été mis en sommeil à la fin du programme en 1992, puis réactivé lors du dernier mandat pour réfléchir aux dispositifs anti-inondations destinés à protéger le pourtour des étangs de Rosporden et le centre-ville de Pont-Aven. L’étude technique étant quasiment bouclée, restent les phases de financement, d’enquête publique puis de réalisation des ouvrages (travaux d’écluseries, zones de sur-stockage…).

J’ai également proposé que le SIRAS puisse jouer son rôle dans la reconquête de la qualité de l’eau prévue par la DCE (Directive Cadre sur l’eau du 23 octobre 2000). A cette fin, j’ai avancé plusieurs arguments.

Le premier est qu’aujourd’hui un Contrat Entretien Restauration (CRE) existe sur le Ster-Gozh – dont le porteur technique est la Communauté de Communes du Pays de Quimperlé (COCOPAQ) –, mais il n’en existe pas sur l’Aven dont il est l’affluent. Le souci de la cohérence doit nous amener à réfléchir à la question d’un CRE applicable à l’Aven, en coordination avec celui du Ster-Gozh.

Le second est qu’un CRE viendrait utilement au soutien des autres actions entreprises par les collectivités. D’une part la protection des captages que certaines communes (dont la notre) doivent réaliser pour se mettre en conformité avec la loi sur l’eau, d’autre part parce que le CRE comporte un volet complémentaire à la lutte contre les inondations en ce qu’il vise à corriger les altérations morphologiques subies par les berges et les zones humides. Enfin, parce que la conchyliculture présente dans la zone de l’estuaire Aven-Belon-Merrien souffre d'une mauvaise qualité de l’eau. Or la qualité de l’eau doit faire l’objet d’une approche globale, d’amont en aval, de la source à l’estuaire.

La plupart des membres du comité syndical semble être en accord avec cette perspective et c’est heureux car c’est l’avenir du bassin versant qui est en jeu (la pêche de loisir, la conchyliculture, la consommation d’eau potable…)

Bien sûr, il est souhaitable qu’à terme toutes ces politiques soient coordonnées dans un SAGE qui engloberait le bassin versant Aven-Ster Gohz et Belon. En effet, aujourd’hui entre le SAGE de la Laïta (en cours d’élaboration) et celui de l’Odet, subsiste un vaste no man’s land qu’il convient de combler au plus vite afin de donner du sens aux différentes initiatives.

12 avril 2008

4C : en route vers l'agglo ?

Cette semaine Rosporden accueillait la séance d'installation de la Communauté de Communes de Concarneau-Cornouaille (4C). Son président, Jean-Claude Sacré, a été brillamment réélu.

Homme de consensus et de dossiers, il a su durant le dernier mandat préserver l'équilibre entre la ville centre et les autres communes, tout en conciliant l'intérêt communautaire avec ceux propres à chacune. Il a exprimé sa volonté de poursuivre sa tâche dans le même esprit.

Toutefois, l'attitude des délégués concarnois laisse à penser que la concorde qui régnait sera difficile à conserver. Après tout, on ne peut pas leur en vouloir. Démocratiquement élue, la liste UMP concarnoise a bien le droit ne pas être en accord avec la gauche qui dirige la majorité des villes de la 4C. Le souhait émis de voir Concarneau disposer d'une vice-présidence supplémentaire pourrait se comprendre si les élus concarnois ne connaissaient pas les règles de gouvernance. Or ils savaient pertinemment que la parité une ville/un vice-présidence est la condition sine qua non pour que les communes plus modestes adhèrent à l'intercommunalité.

Ce système n'est pas intangible, il devra tendre vers plus de souplesse en même temps que la 4C évoluera vers de nouvelles compétences. Le prochain recensement devrait permettre en effet d'atteindre le seuil nécessaire pour sa transformation en communauté d'agglomération. J'y suis extrêmement favorable, encore faut-il que chacun prenne conscience qu'il en va de l'intérêt de notre territoire et que l'esprit de chapelle est cruellement daté. Espérons que l'UMP concarnoise le comprendra au risque d'isoler grandement la ville centre...

A ce propos, je tiens à signaler que l'attitude des délégués concarnois qui ont voté N. Bourgeois lors de l'élection à la vice-présidence de Gilbert Monfort est éloquente. D'une part, elle montre la collusion entre le maire-délégué de Kernével et l'UMP concarnoise - il n'y a donc aucun doute sur son appartenance politique -, et d'autre part, elle nous conforte dans notre refus d'accorder des délégués à l'opposition. Il était hors de question que les amis de M. Bourgeois fragilisent la position de Rosporden au sein de la 4C par des votes contraires à ce qui aura été majoritairement adopté en conseil municipal.

24 mars 2008

Il y a 40 ans : RFK

Il y a quarante ans, très exactement le 16 mars, Robert F. Kennedy, annonçait sa candidature à la présidence des Etats-Unis d’Amérique. Cinq années après la mort de JKF, un Kennedy ramassait l’étendard ensanglanté par l’attentat de Dallas et l’Amérique pouvait rêver à haute voix « d’un monde nouveau ».

Diplômé d’Harvard, Bobby devient avocat à 25 ans au sein du département de la Justice. Il se spécialise dans la lutte contre la corruption. En 1952, sur ordre de son père, il quitte ses fonctions et prend la direction de la campagne sénatoriale de son frère John. A cette tâche, il se révèle un dur prêt à tous les coups pour gagner, un ambitieux sans peur qui n’hésite pas à user de menaces. Un vrai Kennedy.

En 1953, après la victoire de son frère, il est avocat au Sénat. A ce titre, il est le conseiller de Mac Carthy. Choqué par la « chasse aux sorcières », il démissionne après la condamnation des époux Rosenberg. Il intègre ensuite la commission Mac Clellan chargée de lutter contre la Maffia. C’est à cette époque qu’il se fait connaître du grand public. Il brise le patron du syndicat des camionneurs, Dave Beck, puis, s’attaque à son successeur Jimmy Hoffa. Bobby est un loup qui ne lâche sa proie que lorsqu’elle ne bouge plus. Les menaces de mort contre sa famille redoublent sa colère : il met sous les verrous 40 responsables du syndicat.

En 1960, il est l’artisan de la victoire de John à la présidentielle. Sur les ordres de leur père, il accepte de devenir Ministre de la Justice. Il poursuit sa lutte féroce contre le crime organisé sans se soucier des conséquences de ses méthodes musclées. Conseiller privilégié du président, il a joué un rôle crucial dans la sortie de crise lors de l’épisode des missiles cubains. Dévoué corps et âme au clan, il attaque tous ceux qui nuisent aux intérêts des Kennedy, en particulier le chef du FBI, Hoover. Il est aussi celui qui sensibilise le président au combat pour les droits civiques. A la mort de ce dernier, il reste à son poste, mais son mépris pour Johnson redouble quand ce dernier s’approprie la paternité de « sa » loi sur les droits civiques.

Elu sénateur de New York en 1964, il se libère petit à petit du fantôme de son frère. Beaucoup moins centriste que John, Bobby apparaît enfin tel que lui-même : idéaliste et passionné. Il voyage et défend partout les causes qu’il croit justes : lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, la paix au Viet-Nâm, pour la fin de la ségrégation aux Etats-Unis, pour la justice sociale… Il soutient le syndicaliste Chavez et se rapproche de Martin Luther King, il dénonce avec virulence la guerre du Viet-Nâm s’attirant la vindicte de Lyndon Johnson.

Puis le 16 mars 1968, certain que Johnson dont l’image est définitivement ternie ne peut pas se représenter, il annonce qu’il brigue la présidence. Très bas dans les sondages, son charisme et sa fougue lui permettent de rattraper et de dépasser le favori, le pacifiste Eugene Mac Carthy. Il suscite alors une vague d’adhésion à nulle autre pareille : la jeunesse, les minorités, les mouvements contestataires, la nouvelle gauche américaine… Tous se rallient à sa candidature. Ses discours messianniques enflamment les foules, il incarne l’espoir de toute une nation, et bien plus encore. Il expose ses idées dans un livre-programme, « Vers un Nouveau Monde », dans lequel il trace les lignes d’un projet dépassant largement le cadre des Etats-Unis. Sa vision est ouverte sur le monde, sans nombrilisme, empreinte d’humanisme. L’avocat arrogant et brutal a laissé la place à un homme d’Etat.

Pourtant, l’histoire n’eut pas de fin heureuse, le destin est parfois tragique. Et les Kennedy semblaient atteints de ce que le journaliste Philippe Labro appelait « l’irlandisme », un mal étrange qui prend ses racines dans le caractère celte et qui consiste à prendre tous les risques, à avancer droit devant en ignorant les obstacles. Quitte à en payer le prix fort.

La candidature de Bobby Kennedy sur le site de l'INA.

14 mars 2008

M. Bourgeois doit respecter le verdict des urnes !

Depuis dimanche règne sur la ville un climat étrange, mêlant peur et colère. Attaché viscéralement à ma commune, je suis choqué et meurtri des propos de M. Norbert Bourgeois, candidat battu de la droite qui - profitant d’un système institutionnel incompris des citoyens - cherche le point de rupture jusqu’à faire planer le spectre d’un schisme.

Il se répand par voie de presse qu’il est « le maire-délégué élu de Kernével ». Ses manœuvres suscitent l’inquiétude des Rospordinois et des Kernévelois : est-ce la « défusion » qui s’annonce ? Que pèseraient deux communes de petite taille à l’heure de l’intercommunalité ? Beaucoup d’électeurs sont scandalisés et nous interpellent.

Dans son acharnement aveugle, M. Bourgeois ne peut ignorer que depuis 1973 il n’existe qu’une seule commune. Le fait qu’il existe deux sections électorales distinctes n’y change rien : Rosporden et Kernével ne forment qu’une seule entité juridique, avec une seule population, un seul budget et un seul conseil municipal, lequel élira son exécutif conformément à la majorité sortie des urnes.

A cet égard, les faits sont têtus : sur l’ensemble de la commune la Gauche totalise 56% des suffrages quand il en obtient péniblement moins de 24 % !

Si M. Bourgeois briguait la fonction de Maire, il lui appartenait de présenter une liste sur les deux secteurs comme nous l’avons fait en proposant à tous les électeurs un projet global et équilibré.

Oubliant comme il y a 6 ans d’acquitter sa cotisation à l’UMP, il a mené une campagne mensongère destinée à dresser Kernével contre Rosporden. Sciemment, il a préféré jouer l’esprit de clocher contre l’intérêt général.

M. Bourgeois n’a eu de cesse de déformer la réalité de notre action. Ainsi, les méchants Rospordinois auraient vidé Kernével de sa substance, les qualifiant même de « vampires » ! (Le Ouest France du lundi 3 mars). Tout le monde sait pourtant ce que le regroupement à apporter de services nouveaux en 35 ans.

Plutôt que tenir compte de cette réalité et de s’appuyer sur les compétences de la commune, M. Bourgeois s’est évertué à promettre tout et son contraire. Promesses qu’il savait pertinemment ne pas pouvoir tenir puisqu’il était certain de ne pas être élu maire.

Ainsi, lors de sa déclaration de candidature, il affirmait savoir qu’il n’avait aucune chance de l’emporter compte tenu du mode de scrutin. Puis, très vite, il a changé de stratégie en appelant de ses vœux une « cohabitation (sic !) » (Le Télégramme du 1er mars) en contradiction totale avec la loi qui régit les communes associées.

Cette situation est aussi absurde que celle qui verrait Pierre Maille, président de gauche du conseil général, accorder des vice-présidences à des conseillers généraux de droite du seul fait qu’ils sont majoritaires dans leurs cantons ! C’est pourtant ce à quoi M. Bourgeois nous contraint par son action éhontée, privilégiant son plan de carrière.

La France est un état de droit et M. Bourgeois n’est pas au-dessus de la loi. S’il est le démocrate qu’il prétend, s’il a le souci du bien commun, qu’il cesse ses agissements.

Michel Loussouarn,
conseiller municipal de Rosporden-Kernével

07 mars 2008

Gilbert Monfort, plus de trente années de force tranquille

A quelques jours du scrutin, le Ouest-France publie un portait de Gilbert Monfort, maire de Rosporden candidat à sa succession dont j'ai le plaisir d'être co-listier.
A 65 ans, le maire sortant brigue un sixième mandat. Il est aussi le seul à présenter une liste « complète », à la fois sur Rosporden (19 colistiers) et Kernével (12 autres noms).

Gilbert Monfort est né à côté de Lorient. Il n'a que deux ans lorsque sa famille revient à Locjean, en 1945. Quelques mois plus tard, les Monfort ses parents s'installent à Rosporden, tout près de la mairie. « J'ai grandi ici, sourit-il, en regardant par la fenêtre de son bureau. La place de l'Église, les bords de l'étang... c'était notre terrain de jeux ! »

« Son » école maternelle a aujourd'hui cédé la place à la nouvelle mairie. L'école primaire et le collège étaient un peu plus loin, rue Alsace-Loraine. « Après mon BEPC, j'ai tout de suite travaillé comme mécanicien dans le garage de mon père, rue Nationale : j'avais 16 ans. »

Il y fera carrière. Gilbert Monfort n'a revendu son garage de la route de Concarneau qu'en 2005. L'enfant du pays, s'est absenté de Rosporden que 18 mois dans sa vie. « Pour la Guerre d'Algérie... » En 1966, il épouse Odile, employée au centre social de la caisse d'allocations familiales. Ils auront deux enfants.

Son engagement en politique remonte à 1971, lorsqu'il se présente sur la liste de gauche aux municipales. Dès le départ, son cheminement est marqué par deux hommes, Louis Le Pensec et François Mitterrand. « Je me suis rapproché du PS d'Épinay en septembre 1971 en prenant ma carte au parti. François Mitterrand m'a écrit une lettre en retour. Elle est toujours encadrée, chez moi. »

« Je n'en tire pas de gloire »
Quelques mois plus tard, il se rapproche de Louis Le Pensec, fraîchement élu à Mellac. « J'ai travaillé avec lui pour sa campagne des législatives de 1973. C'est à cette époque que nous avons créé la section PS à Rosporden. » Gilbert Monfort est élu maire en 1977. Depuis, il est reconduit dans ses fonctions à chaque nouvelle élection.

Il a bien entendu connu la grave crise économique de la ville, à la fin des années 70 : « Avec la disparition de l'industrie de la chaussure et d'entreprises de construction, nous avons perdu un millier d'emplois en dix ans. Ce n'est pas sans conséquence, pour une commune d'à peine 7 000 habitants. En tant que maire, il y a des moments où l'on doute. »

Pour « sortir la tête de l'eau », Gilbert Monfort s'emploie notamment à développer les logements sociaux et mise, au début des années 90, sur le centre culturel pour dynamiser la vie de la commune. Mais après toutes ces années, n'est-il pas un peu fatigué ? « Je prends du plaisir à faire ce que je fais. Si ce n'était pas le cas, je me retirerais. »

Conseil général depuis 1979, il est là aussi réélu sans interruption depuis 1979. Il est aujourd'hui délégué au commerce et à l'action sociale. Gilbert Monfort est aussi président d'Habitat 29, l'office départemental HLM depuis 2001. « Je n'en tire pas de gloire mais j'aime me rendre utile. »

Guillaume BOUNIOL.

10 février 2008

Ma "part de citoyen"

Dans la République Moderne, Pierre Mendès France exprimait l'idée que les meilleurs institutions du monde ne peuvent à elles seules faire vivre la démocratie et que rien ne peut se faire sans l'apport des citoyens.

La "part du citoyen" ou le "nouvel esprit civique" - c'est ainsi qu'il le qualifiait - consistent à faire en sorte que le plus grand nombre d'individus se sente concerné par la gestion des affaires publiques, car la démocratie ne se localise pas uniquement au sommet.

Il appelait de ses vœux les Français et les Françaises a sacrifié quelques heures à la sphère publique en s'engageant dans les associations, les syndicats, les communes...

J'ai décidé de prendre ma "part" en me portant candidat aux élections municipales de Rosporden sur la liste menée par Gilbert Monfort, "A Gauche, un engagement pour l'avenir", car comme PMF j'ai le sentiment qu'une vie humaine sera toujours amputée si elle est bornée à un horizon individuel.

photo de Rosporden

08 février 2008

J'ai mal à l'Europe

Le passage en force du traité simplifié est un acte de forfaiture dont l'Europe aurait pu se passer, il ne s'agit pas de condamner ce traité - très sincèrement je ne sais pas quel serait mon vote s'il y avait eu référendum - mais de dénoncer le refus de Nicolas Sarkozy de consulter le peuple.

Une fois de plus, on oppose la construction communautaire et les citoyens. Ce n'est pas rendre service à l'Europe car les Français se souviendront de cette violation de la souveraineté populaire et risquent de prendre un peu plus en grippe tout ce qui émane de Bruxelle. Je parie qu'il y aura tôt ou tard un retour de bâton, des crispations nationalistes qui nous conduiront vers un nouveau 21 avril... en France ou ailleurs.

Saluons les quelques parlementaires lucides qui ont refusé cette mascarade, en particulier Gilbert Le Bris, notre député, qui a voté non au Congrès, et qui par son vote se trouve en accord parfait avec les électeurs de la 8ème circonscription qui ont majoritairement refusé le traité constitutionnel le 29 mai 2005.

17 janvier 2008

John Edwards : "Tomorrow begins today"

Tandis que les mass medias focalisent l'attention de l'opinion publique sur le duel à coûteaux tirés que se livrent Barack Obama et Hillary Clinton, il est en un qui poursuit son chemin entamé voici quatre ans, c'est John Edwards, l'ancien co-listier de John Kerry.

Avec un programme clairement à gauche ("liberal" !), il fait passer Barack Obama pour un aimable centriste et Hillary Clinton pour une dame patronesse un brin conservatrice. Mais voilà, l'Amérique est l'Amérique, et la politique y obéit à des codes qui ne sont pas les notres (quoique...). Le mode de financement électoral, le poids des médias font que l'image est le meilleur atout pour triompher. La fraîcheur d'Obama est sans nul doute un indéniable avantage et s'il apparaît comme le seul pouvant barrer la route d'Hillary Clinton, les progressistes pourraient concentrer leurs votes sur sa personne.

Pourtant - et ce n'est pas le moindre des paradoxes - alors qu'il n'est pas le favori des militants, un sondage de la fin décembre donne Edwards comme le seul démocrate capable de vaincre dans tous les cas de figure n'importe quel républicain. Face à Giuliani, il obtiendrait 53 % ; contre Romney 59 % ; contre Mc Cain 52 % ; enfin contre Huckabee il gagnerait avec 60 % (!) des suffrages. La partie ne fait donc que commencer...

02 janvier 2008

Une boussole pour rénover

L’année 2008 sera placée sous les auspices de la rénovation du Parti Socialiste, et de la Gauche en général. Depuis la défaite du printemps dernier, « rénover » est un devenu un leitmotiv incontournable, mais les pistes esquissées ici et la ne permettent toujours pas d’entrevoir l’émergence d’une ligne claire qui pourrait rassembler tous les militants sous une même bannière. Rénover implique tout autant une méthode qu’une éthique.

1) D’abord, il faut élaborer une méthode concertée. Évitons les débats rhétoriques abscons qui tournent à vide, attelons-nous plutôt à dresser tous ensemble la liste de nos points d’accords et de divergences, puis distinguons ceux qui relèvent de l’essentiel et de l’accessoire ; concentrons-nous sur l’essentiel et évitons de nous déchirer à propos des détails. C’est le seul moyen d’éviter une guerre de tranchées entre des courants de pensée qui feignent d’être séparés par un fossé idéologique alors qu’il n’en est rien. Comme l’affirmait Saint Thomas d’Aquin : « la concorde ne naît pas de l’identité des pensées mais de l’identité des volontés ». C’est aussi l’unique voie pour redonner au socialisme une épine dorsale doctrinale qui permette de réaffirmer le clivage entre la Gauche et la Droite. La Droite – surtout avec Nicolas Sarkozy – réfute les dogmes : elle n’est pas « libérale », elle dit être « pragmatique ». En fait, la seule règle à laquelle elle obéit consiste à protéger les intérêts de la classe dirigeante, c’est pourquoi elle peut se passer d’une doctrine qui guide son action. À l’aide de sondages d’opinions mais sans aucune approche scientifique de la société, elle navigue à vue au gré des contraintes extérieures. Elle les subit puisqu’elle ne sait pas comment agir pour les corriger. Contrairement à la Droite, nous avons toujours cherché à comprendre le monde et à déterminer une ligne de conduite pour l’améliorer. Retrouvons le goût des débats de fond.

2)- Rénover, c’est aussi – et surtout – être capable de rompre avec une culture d’appareil que réprouvent les militants. Appliquons à nous-mêmes ce que nous reprochons souvent aux autres de ne pas respecter… Le socialisme des origines - celui de Jaurès - était marqué par le sens de l’intérêt général et l’éthique républicaine. Le sens du devoir a reculé dans notre parti comme l’ont illustré les divisions lors de la campagne présidentielle ; quant à l’éthique républicaine, elle semble être un lointain souvenir si on en juge nos pratiques. Terminons en avec le principe dynastique des mandats, cessons d’habiller de la vertu des comportements qui ne méritent que l’opprobre (le « socialisme alimentaire », les cumulardes de la parité, les parachutés de la diversité…). Renouons avec la méritocratie qui fut longtemps l’essence de la Gauche et faisons confiance à l’intelligence et à la souveraineté des militants.

Le prochain Congrès sera l’occasion rêvée pour poser les premières pierres d’un nouvel édifice commun, encore faut-il ne pas tomber dans nos travers habituels. Entre la bride et le galop, il doit bien exister un petit trot tranquille…

20 décembre 2007

Qu'as-tu fait de ta promesse ?

Arnaud Montebourg, après maintes circonvolutions, a finalement décidé de présenter sa candidature aux élections cantonales de Saône et Loire. Les raisons qu'il invoque justifient peut être sa décision, son choix n'en constitue pas moins une terrible déception pour tous les partisans de la 6ème République. Avec la limitation du pouvoir présidentiel, le mandat unique parlementaire figurait comme la vertu cardinale que nous entendions promouvoir.

Voilà dix années qu'il était l'exemplarité en matière de non cumul des mandats, sans doute fatigué de jouer les bretteurs solitaires dans un parti qui broye et méprise ses talents, Arnaud a cédé sous le poids du système. Pourtant, c'est le refus même du PS d'introduire des réformes institutionnelles fortes qui nous avait conduit à refuser la synthèse du Mans. Mais peu importe, j'ai toujours considéré que les principes doivent être l'algèbre de la politique, quitte à accepter la solitude. Ma tristesse est d'autant plus grande que les projets de réforme institutionnelle de la droite appellait une résistance sans faille (notamment en ce qu'elle renonce à toute limitation du cumul).

Arnaud, fils aîné de la République, qu'as-tu fait de ta promesse ?